La construction va vite redémarrer en France

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Bouygues et les professionnels attendent une augmentation des commandes dans l’Hexagone à partir de 2016.

Le bout du tunnel. Lors de la présentation de ses résultats trimestriels mercredi, Bouygues a pronostiqué une reprise des commandes dans la construction en France en 2016. Il y a quelques semaines, le PDG de Vinci, Xavier Huillard, allait un peu moins loin mais était sur la même ligne en affirmant: «Le point bas a été atteint en France en 2015.»

De fait, les professionnels qui viennent de traverser des années très difficiles ont des raisons d’être un peu optimistes. Le plan de relance des autoroutes qui prévoit 3,2 milliards de travaux devrait donner lieu aux premiers chantiers en septembre. Ceux du Grand Paris, qui consistent à construire de nouvelles lignes de métro dans la région capitale, monteront en puissance l’année prochaine. Le plan Juncker qui prévoit des dizaines de milliards d’investissement dans les infrastructures devrait également entrer en application en 2016. Enfin, sept régions (Bretagne, Alsace, Rhône-Alpes…) ont déjà signé un contrat de plan avec l’État: ce dispositif qui permettra d’investir 12,5 milliards d’euros en infrastructures d’ici à 2020.

«Aujourd’hui, il y a pas mal de signaux positifs qui se dessinent, résume Bruno Cavagné, président de la Fédération nationale des travaux publics. Nous espérons qu’ils porteront leurs fruits l’année prochaine.» Pour la construction de logements, les acteurs restent prudents. «Les logements recommencent à se vendre notamment grâce au succès de la loi Pinel réservée aux particuliers investisseurs, glisse Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment. Et si les industriels se remettent à commander des machines, ils auront besoin de nouveaux locaux.» En revanche, il n’y a aucun indice de redémarrage sur le marché de la rénovation qui représente 55 % de l’activité. «Le crédit d’impôt transition énergétique n’a pas eu l’effet escompté, déplore Jacques Chanut. Peut-être parce qu’entre le moment où le dispositif a été annoncé et sa mise en œuvre début 2015, il s’est passé six mois.» En tout cas, il était temps que des perspectives plus souriantes s’annoncent car le cru 2015 est encore très dur. «Au premier trimestre de cette année, les dépôts de bilan ont encore progressé de 11 % en moyenne dans notre secteur et même de 30 % pour les PME entre 1 et 5 salariés, déplore Jacques Chanut. Après avoir supprimé 30.000 emplois en 2014, on devrait en perdre autant cette année.» Quant à la Fédération des travaux publics, elle maintient toujours que l’activité dans ses métiers va reculer de 8 % en 2015.

Une reprise prudente sur le front de l’emploi

Attention néanmoins à ne pas trop attendre de ce redémarrage des commandes. Elles ne s’accompagneront pas forcément d’embauches massives. «Après plusieurs années de crise, les entreprises sont échaudées, estime Bruno Cavagné. L’emploi repartira en intérim mais ou en CDD mais pas en CDI.»

Si l’utilisation frauduleuse des travailleurs détachés venus de pays avec de faibles niveaux de charges sociales n’est pas sévèrement contrôlée, beaucoup seront tentés de recourir à ces pratiques peu ragoûtantes. Horaires à rallonge, non-paiement des cotisations retraite… les manquements pour faire des économies sont nombreux envers ces populations fragilisées. «Tant qu’on n’aura pas suffisamment de contrôles pour appliquer les sanctions prévues, le danger sera là», prévient Jacques Chanut. D’autant plus que la tentation est grande pour des entrepreneurs peu scrupuleux: dans les travaux publics, on pointe du doigt la distorsion de concurrence avec les travailleurs détachés pour lesquels le compte pénibilité ne s’appliquera pas.

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  • M3366730 le vendredi 15 mai 2015 à 19:14

    Tant qu'ils y croient, c'est bien mais la réalité est tout autre.....

  • remimar3 le vendredi 15 mai 2015 à 14:51

    L'immobilier locatif c'est pour ceux qui s'ennuient dans la vie. Gérer leurs logements leur permet de remplir leur existence. Le problème c'est qu'on ne choisit pas le moment où les problèmes vont vous tomber dessus.

  • dp777 le vendredi 15 mai 2015 à 12:29

    Une taxe sur les logement inoccupés, et déjà ca fera plus d'offres, , quand au travailleurs EU a bas prix, c'est l'équilibre est ouest qui s'applique lentement, arretera ton la deflation . Moi elle me derange pas mais pour les endettés pays et particuliers ça va faire mal....

  • cacciat4 le vendredi 15 mai 2015 à 09:30

    je constate que les soit disant journalistes sur cette nouvelle c'est le figaro =droite

  • elouvet le vendredi 15 mai 2015 à 09:26

    sauf si les APL sont supprimées

  • bearnhar le vendredi 15 mai 2015 à 08:51

    Il parait qu'ils ont le plus grand mal à louer les bureaux autour du Pentagone Français...Ben mince, on manque cruellement de logements, et ils continuent de construire des bureaux alors que des millions de m2 sont déjà vides, les politiques font n'importe quoi, mais comme d'hab' on s'en aperçoit toujours après.

  • bearnhar le vendredi 15 mai 2015 à 08:48

    Il y a tout le foncier qu'on veut pour faire cesser la crise immobilière et la flambée des loyers, pour rapporcher les gens de leurs lieux de travail. On commence par obliger les grandes surfaces à s'empiler les unes sur les autres, ahurissant de voir comment les grandes surfaces dillapident le foncier, jamais un étage, on peut construire 10 étages d'habitation sur un Carrefour, etc...Idem pour les ZAC entreprises, jamais un logement et tout en largeur. Arreter de dillapider le foncier.

  • pepitobo le jeudi 14 mai 2015 à 18:08

    et( ça continue les déclarations de bonnes intentions helas jamais suivies d'effet...mais en attendant le quidam se tient tranquille ,confiant dans ses dirigeants!

  • sarestal le jeudi 14 mai 2015 à 15:06

    "le terme construction est inadapté" . Il s'agit de chantiers d'infrastructures d'état.Que les collectivités locales et communautés de communes se dégraissent afin de diminuer leur coût global de fonctionnement qui est une gabegie outrageante. Il pourront ensuite diminuer le prix du M2 de terrain.Par cette méthode efficace, ils participeront à la relance de l'économie.

  • UBOAT le jeudi 14 mai 2015 à 10:20

    Bouygues et Vinci vont beaucoup mieux, c'est donc pour cela qu'ils licencies à tout va ! je suis bien placé pour le savoir j'ai fais partie du plan de licenciement de masse de Bouygues qui est resté très discret pour les journaleux.