La construction du «mur Trump» coûterait plus de 26 milliards de dollars

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La construction du «mur Trump» le long de la frontière américano-mexicaine semble toujours une priorité pour le candidat républicain. Pourtant selon les experts, ce projet pharaonique oscille entre inutilité et infaisabilité.

Donald Trump a beau adoucir son ton sur l’immigration, il maintient la plus décriée de ses propositions de campagne, l’édification d’un mur anti-clandestins séparant le Mexique des États-Unis. «Je vais bâtir le plus grand mur que vous ayez jamais vu. Ce sera un mur Trump, un mur magnifique», aime à répéter le candidat républicain dans ses meetings.

Le milliardaire assure que sa réussite dans l’immobilier est garante du futur ouvrage, au sujet duquel il se montre toutefois avare de détails. En effet, le flou règne notamment autour du coût de cette construction. Quand le candidat demande «Qui va le payer?», ses partisans répondent ravis «Le Mexique!». Après avoir évoqué 4 milliards de dollars, Donald Trump a parlé de «6 ou 7», «probablement 8», «10, peut-être 12», se stabilisant enfin à «environ 10» milliards de dollars. Architectes et ingénieurs estiment toutefois ce budget intenable, vu le cahier des charges prévisible.

Un projet pharaonique estimé à au moins 26 milliards de dollars

Après avoir promis de construire son mur sur toute la distance de la frontière franco-mexicaine (soit 3.200 kilomètres), Donald Trump a finalement estimé que la moitié suffirait en raison des reliefs faisant office de barrière naturelle. La hauteur reste elle à géométrie variable. Suivant les jours, Trump a parlé de 35 pieds (10,5 m), 40 pieds (12 m), 55 pieds (16,5 m), voire... 90 pieds (27 m). «Le mur vient de prendre trois mètres de plus!», lance-t-il à chaque fois qu’un officiel mexicain repète que son pays ne versera pas un centime.

Et pour cette construction monumentale, le candidat compte bien employer des panneaux de béton préfabriqué, renforcés par des tiges d’acier. «Du lourd!» a-t-il assuré. Mais ces matériaux entraînent d’immenses défis logistiques: percement de routes pour l’accès des engins de transport, création de multiples sites de coulage du béton ou embauche de légions d’ouvriers sur plusieurs années.

Pour garantir sa stabilité et dissuader le creusement de tunnels, le mur devra aussi posséder des fondations suffisamment profondes. Ainsi, un mur de 12 mètres de haut, s’enfonçant à 3 mètres dans le sol, coûterait au moins 26 milliards de dollars, a calculé Todd Sternfeld, un expert texan cité par le New York Times.

Un véritable casse-tête juridique s’oppose au projet

Mais là ne s’arrêtent pas les obstacles pour le «mur Trump». Dans le vaste Sud américain, les espaces fonciers frontaliers sont fréquemment propriétés privées. Le chantier impliquera donc de multiples procédures d’expropriation et un casse-tête juridique.

Autre problème majeur, la loi prohibe de construire le long du Rio Grande - fleuve qui marque la frontière entre le Texas et le Mexique -, pour des raisons de partage des ressources et de gestion des crues. Le mur devra donc être édifié loin de la berge, mais alors certaines villes américaines sur le Rio Grande pourraient se retrouver... du côté mexicain! À noter également qu’un traité interdit aussi bien au Mexique qu’aux États-Unis de dévier les cours d’eau environnants, par conséquent le mur sera censé réaliser l’impossible: laisser passer les flux aqueux en bloquant les flux humains...

Une comparaison étonnante avec la Grande Muraille de Chine

Au-delà de toutes ces gageures, l’utilité même de l’ouvrage est discutable. Bâtir un mur d’une hauteur de 15 mètres ne fera qu’alimenter un marché pour des échelles de 16 mètres, font remarquer ses détracteurs. Depuis longtemps, ajoutent-ils, les trafiquants de drogue ont appris à envoyer leur marchandise par dessus les clôtures, quelle que soit leur taille. Encore plus troublante, une étude de 2006 du Pew Hispanic Center a conclu que près de la moitié des immigrés illégaux aux États-Unis étaient passés par un point d’entrée classique, tel un aéroport, avant de laisser expirer leur visa.

Confronté à ces arguments, Trump les balaie pourtant en affirmant que si les Chinois ont réussi à faire «sans grues ni tractopelles» la Grande Muraille, alors lui est bien capable de bâtir la sienne. Une comparaison peu pertinente, car la Grande Muraille est un agrégat de portions discontinues construites sur des siècles au prix de sacrifices humains aujourd’hui impensables.

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  • heimdal le lundi 29 aout 2016 à 11:08

    C'est du trump-bashing permanent .Trump représente le candidat ras le bol de la classe moyenne qui ne supporte plus d'être l'éternel souffre douleur des élus .

  • toto409 le lundi 29 aout 2016 à 08:35

    Faut qu'on lui parle de la Ligne Maginot...apres Trump il aime bien le BTP......(tout en sachant qu'il y a quasiment que des Mexicains dans le BTP Americain...

  • gthomas le dimanche 28 aout 2016 à 09:43

    " la frontière franco-mexicaine (soit 3.200 kilomètres)"Hombre !

  • M348281 le vendredi 26 aout 2016 à 22:06

    Tout peu se faire avec la volonté politique et le peuple. En plyus ça donnera du travail et ça les américains adorent.