La construction de logements patine encore

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Mises en chantier et permis de construire continuent à dégringoler pour la quatrième année consécutive.

Toujours pas d’éclaircie sur le front de la construction de logements en France. Au cours du premier trimestre, les mises en chantier ont reculé de 8,3 %, à 82.700 unités. Et la situation n’est pas près de s’améliorer si l’on en croit la chute des permis de construire, l’étape qui précède le début des chantiers. Entre janvier et mars, on n’en a délivré que 85.000, soit 12,5 % de moins qu’un an auparavant, pendant la même période.

Cette glissade est préoccupante car elle se poursuit de façon continue depuis trois ans et demi. Après avoir construit 421.000 logements neufs en 2011, la France a plongé à 297.000 l’année dernière. Fort opportunément, le ministère du Logement a «retrouvé» 250 .000 logements neufs oubliés entre 2010 et 2014 dont plus de 50.000 l’année dernière. Mais ce redressement statistique ne change rien à la tendance: la construction de logements ne repart pas. Aujourd’hui, plus personne ne croit que François Hollande tiendra sa promesse: bâtir 500.000 unités. Une catastrophe car, quand il est en forme, le BTP crée des emplois non délocalisables.

La Loi Duflot a découragé les investisseurs

Si la construction de logements est au point mort, c’est que, pendant les deux premières années de son mandat, François Hollande n’a pas fait grand-chose pour stimuler l’offre et la demande dans ce secteur. La ministre du Logement de l’époque, Cécile Duflot, a découragé les particuliers-investisseurs avec sa loi promettant l’encadrement des loyers. Sans compter que le dispositif fiscal qui portait son nom était trop timide pour séduire beaucoup de clients.

Depuis que Manuel Valls a pris la place de Jean-Marc Ayrault à Matignon en avril 2014, le gouvernement a changé de politique du logement. Ainsi, l’encadrement des loyers qui devait s’appliquer dans 28 agglomérations ne concernera que Paris et Lille. Et, un an après le vote de la loi Alur introduisant cette mesure, les textes d’application permettant sa mise en œuvre ne sont pas sortis. La preuve que l’exécutif n’est pas pressé de le voir s’appliquer.

Plan de relance

Plus positivement, en septembre 2014, il a annoncé un chiffré à 5 milliards d’euros. Le PTZ + (prêt à taux zéro) a été gonflé pour resolvabiliser les ménages les plus modestes. Le dispositif Duflot a été remplacé par le Pinel, plus souple et qui permet notamment aux particuliers-investisseurs de louer leur appartement à leurs enfants ou parents. Par ailleurs, la fiscalité sur les terrains à bâtir a été allégée de façon temporaire pour que les propriétaires de fonciers les vendent rapidement.

Dans un autre genre, les maires qui ne veulent pas de HLM sur leur commune seront plus durement sanctionnés. Les administrations (ministère de La Défense, de l’Éducation nationale) et les opérateurs publics (SNCF, RFF…) propriétaires de terrains dont ils ne font plus rien, sont sommés de les céder avec une forte décote pour y construire des logements. Mais ces mesures mettront du temps avant d’être efficaces. Et, pour l’instant, elles n’ont pas porté leurs fruits.

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