La construction de logements obstinément en baisse, malgré des signaux positifs

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Le nombre de permis de construire accordés pour des logements neufs sur la même période est repassé dans le vert, pour la première fois depuis neuf mois. (tale/shutterstock.com)
Le nombre de permis de construire accordés pour des logements neufs sur la même période est repassé dans le vert, pour la première fois depuis neuf mois. (tale/shutterstock.com)

(AFP) - La construction de logements neufs a continué à se rétracter en France au deuxième trimestre, alors qu'on observe des signaux positifs encore ténus, tant du côté des ventes, que des permis de construire ou des enquêtes de conjoncture.

D'avril à juin, les mises en chantier de logements neufs ont continué à se rétracter avec un repli de 7,4%, à 86.100, comparé au deuxième trimestre 2014, a annoncé mardi le ministère du Logement.

En revanche, le nombre de permis de construire accordés pour des logements neufs sur la même période est repassé dans le vert, pour la première fois depuis neuf mois.

Ils ont ainsi progressé de 3,9% à 92.100 au deuxième trimestre, comparé à la même période un an plus tôt. En août et septembre 2014, les permis de construire sur les trois mois écoulés avaient augmenté de +1,1% puis de +5,3% sur un an, mais le rebond n'avait pas duré, et ils n'ont fait que fondre depuis.

Par type de construction, les mises en chantier de logements ordinaires sont en repli de 5,3%, à 81.100 unités.

Celles des logements en résidence (pour seniors, étudiants ou touristes), un segment de niche, ont dévissé de 31,2% à 5.000 unités.

Sur la période de douze mois achevée fin juin, les mises en chantier ont baissé de 5,8%, à 344.000. 

Quant aux permis de construire, qui renseignent sur les futures mises en chantier, ils sont toujours dans le rouge, eux aussi, sur les 12 mois écoulés, avec un repli équivalent, de 5,4% à 362.400 unités.

Pour Alexandra François-Cuxac, nouvelle présidente de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), le tout récent rebond des permis de construire "est très difficile à interpréter", plusieurs mois de hausse d'affilée étant nécessaires pour parler d'un début de reprise.

"En revanche, si l'on observe les douze derniers mois, tant les mises en chantiers que les permis de construire sont malheureusement toujours à de très bas niveaux, et mal orientés", dit-elle à l'AFP.

 - Plus de ventes et des prix moins surévalués - 

Vendredi des enquêtes de conjoncture de l'Insee ont révélé que les entrepreneurs se montrent un peu moins pessimistes en juillet, tant dans la promotion immobilière, que dans l'artisanat du bâtiment.

Les promoteurs sont ainsi de nouveau moins nombreux que le trimestre dernier à indiquer une baisse de la demande de logements neufs, selon l'Insee.

De même, les perspectives de mises en chantier s'améliorent à la fois pour les logements destinés à la vente et pour les logements destinés à la location.

"Nos adhérents retrouvent un peu de couleur en voyant la hausse de leurs réservations, et un certain nombre de chantiers devraient pouvoir démarrer d'ici la fin de l'année", estime Mme François-Cuxac.

Toutefois, si la demande de logements "repart depuis le début de l'année, on ne parvient toujours pas à produire davantage de logements, rapidement et simplement" en France, déplore la présidente de la FPI.

Celle-ci cite un "cycle de fabrication du logement très long", en raison du nombre de recours intentés contre les permis de construire mais aussi la réticence des maires à autoriser de nouvelles constructions, liée à une "impopularité de l'acte de bâtir".

De son côté Olivier Eluère, économiste de Crédit Agricole SA, estime que "les mesures de relance et d'assouplissement (dispositif fiscal Pinel, normes de construction...) portent leurs fruits" depuis le début de l'année 2015.

Toutefois le niveau élevé des prix de l'immobilier neuf "reste pour l'instant un frein pour la demande", observe-t-il.

"Il faut qu'ils baissent encore (...) pour être jugés véritablement attractifs et déclencher une nouvelle phase haussière et un retour des primo accédants", dit l'économiste.

Selon lui, les prix des logements neufs, qui étaient "surévalués de près de 20%" en 2012, ne l'étaient plus que "de 0 à 5%" en début d'année.

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  • M4358281 le mardi 28 juil 2015 à 14:24

    Des investisseurs avec la loi Pinel .. autrement le quidam ..nenni !