La consommation des ménages a stagné en décembre

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LA CONSOMMATION DES MÉNAGES
LA CONSOMMATION DES MÉNAGES

PARIS (Reuters) - La consommation des ménages français en biens est restée stable en décembre, le recul des dépenses en énergie ayant été compensé par un rebond des achats d'automobiles en anticipation de la hausse au 1er janvier du "malus écologique" pour les voitures les plus polluantes.

Selon les données publiées jeudi par l'Insee, elle a accusé un recul de 0,1% sur l'ensemble du 4e trimestre, une évolution cohérente avec l'anticipation d'une légère contraction de l'économie française sur la période.

Sur l'ensemble de 2012, elle s'est repliée de 0,1% en glissement et de 0,2% en moyenne annuelle après être restée stable en 2011. Pour les seuls biens manufacturés, le recul a atteint 0,8%, soit le plus mauvais chiffre depuis 1993, après une hausse de 0,9% en 2011.

Ces données confirment que la consommation n'est plus en mesure de jouer son rôle traditionnel de principal moteur de la croissance en France.

"Il n'y a pas eu de surprise majeure en décembre", déclare Axelle Lacan, économiste au Crédit agricole, qui souligne que la hausse du chômage et la baisse du pouvoir d'achat des ménages sur l'ensemble de 2012 n'incitent pas à la consommation.

La consommation en biens représente la moitié de la composante consommation du PIB et les chiffres publiés jeudi confortent les anticipations de légère baisse (-0,1% pour la Banque de France et -0,2% pour l'Insee) de celui-ci au quatrième trimestre.

"Avec les services, on devrait avoir une consommation inchangée sur le trimestre. Mais on attend aussi une contribution négative des stocks et du commerce extérieur, ce qui fait qu'on aura un PIB très légèrement négatif", indique Michel Martinez, économiste France à la Société générale.

COURBE PLATE

Sur décembre, il souligne que si la baisse de la consommation d'énergie (-2,8%) était prévisible du fait des températures douces pour la saison, la surprise est venue des ventes de voitures, "pas tout à fait cohérente" avec le chiffre des immatriculations, en repli de 6% (en données CVS) en France.

Selon l'Insee, les achats d'automobiles ont rebondi de 4,6% sur le mois et de 0,9% sur le 4e trimestre (après +0,5% au troisième trimestre). Ces dernières hausses n'ont pas suffi à compenser la baisse importante du début d'année, les achats d'automobiles reculant de 4,4% en 2012.

L'effet automobile étant sans doute passager, la statistique de décembre ne montre "aucun élément permettant d'anticiper un changement de tendance" dans la consommation des ménages par rapport à l'atonie actuelle, dit Michel Martinez.

"On a une courbe plate depuis quasiment un an et il faudra compter sur les autres postes, particulièrement l'investissement des entreprises, pour savoir s'il y aura de la croissance ou pas en 2013".

"Le vrai sujet, c'est la perception qu'ont et auront les entreprises du court et du moyen terme", estime l'économiste.

En attendant, un point positif pour le gouvernement est que la hausse de la fiscalité intervenue depuis l'automne n'a pas fait dérailler la consommation, les Français ayant visiblement puisé dans leur épargne pour la compenser.

Le pari qui sous-tend son budget 2013, marquée par une forte hausse des prélèvements fiscaux sur les ménages, est que son ciblage prioritaire sur les catégories les plus aisées n'aura qu'un impact modéré sur la consommation grâce à une baisse du taux d'épargne élevé de celles-ci.

Le niveau attendu du taux d'épargne est à ce jour la principale variable qui explique les différences dans les prévisions des économistes quand ils anticipent une légère croissance ou contraction de l'économie française en 2013, relève Axelle Lacan.

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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  • paumont1 le jeudi 31 jan 2013 à 12:42

    Si on fait baisser le pouvoir d'achat, il n'y aura pas de ménages pour puiser dans leur épargne, bien au contraire; "Quand ça va mal j'épargne pour passer le pire qui reste peut-être encore à venir..."