La conférence sur le climat sera un moment de vérité, dit Hulot

le
15
POUR NICOLAS HULOT, LA CONFÉRENCE SUR LE CLIMAT SERA UN MOMENT DE VÉRITÉ
POUR NICOLAS HULOT, LA CONFÉRENCE SUR LE CLIMAT SERA UN MOMENT DE VÉRITÉ

par Emmanuel Jarry et Bate Felix

PARIS (Reuters) - La conférence de Paris sur le climat sera un "moment de vérité", notamment pour les relations entre pays industrialisés et en développement, estime Nicolas Hulot, le conseiller spécial de François Hollande pour la protection de la planète.

A 81 jours de l'ouverture de la COP21 au Bourget, près de Paris, l'ancien animateur de télévision partage la prudence du chef de l'Etat sur l'issue de cette conférence, considérée comme une des dernières chances de parvenir à un accord universel sur la lutte contre le réchauffement climatique.

"Rien n'est joué à ce stade", a-t-il dit dans une interview à Reuters, précisant qu'une clef du succès de cette conférence réside dans le financement de l'adaptation des pays les plus pauvres et les plus exposés aux contraintes de la lutte contre le réchauffement climatique.

"J'ai mis tout le monde en garde : les mots et les promesses ne suffiront pas. Paris est un moment de vérité."

Cet ex-journaliste de 60 ans a bâti sa renommée sur une émission de reportage, Ushuaïa, où il se mettait en scène dans des décors naturels spectaculaires.

Converti de longue date à la défense de l'environnement, il a conseillé trois présidents français : Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande, qui l'a nommé en décembre 2012 "envoyé spécial pour la protection de la planète".

Il sillonne depuis lors le monde pour mener une sorte de diplomatie parallèle et jouer un rôle à la fois d'observateur, d'intermédiaire et de conviction au service de la COP21.

CONTEXTE PLUS FAVORABLE

"En trois ans, j'ai visité des dizaines de pays et rencontré des milliers de personnes", confie Nicolas Hulot. Il a ainsi pu constater une évolution favorable du contexte international depuis l'échec de la conférence de Copenhague en 2009.

"Globalement, l'ennemi que nous avions encore au moment de Copenhague, le climatoscepticisme, est résorbé", dit-il. "Aucun des 195 Etats qui seront à Paris ne conteste la responsabilité de l'homme dans le réchauffement et l'importance de la menace."

Du coup, estime-t-il, la mobilisation en faveur de la lutte contre ce phénomène n'a jamais été aussi forte.

"Ce qui a aussi changé c'est que nous pouvons dessiner plus facilement le modèle énergétique de demain. L'innovation s'est emballée et il y a maintenant un ensemble de technologies qui permettent d'envisager une société bas carbone."

"En même temps, tous les pays ont été touchés sous une forme ou une autre par le réchauffement climatique depuis Copenhague", ajoute-t-il. "La multiplication des incidents extrêmes commence à peser lourdement sur les assureurs et les réassureurs."

Mais à moins de trois mois de la COP21, des points cruciaux n'ont toujours pas été résolus, dont celui des financements, alors qu'un objectif de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 a été fixé à Copenhague, constate Nicolas Hulot.

"C'est un sujet crucial que l'on a eu tendance à minimiser ou à repousser dans un contexte mondial d'austérité ou de difficultés économiques", souligne-t-il.

Or "les pays qui sont légitimement en droit de réclamer cette aide (...) ne se nourriront plus de promesses (...) Ils ont besoin que d'ici Paris on leur dise très clairement d'où viendra cet argent et quels sont les mécanismes pour y accéder."

"INDIGENCE DE PROPOSITION"

Selon une analyse de sa fondation, les 13 pays en développement qui ont à ce jour déposé auprès de l'Onu leur contribution nationale à la réduction des émissions de gaz à effet de serre conditionnent tout ou partie de leur engagement à l'accès à des fonds internationaux.

"Il y a une légitime défiance", souligne-t-il. "S'ils ne sont pas rassurés, on a un risque de clash à la conférence. Pour eux, le temps n'est pas le même que pour nous parce qu'ils subissent au quotidien les conséquences du réchauffement."

L'ex-candidat malheureux à la primaire d'Europe Ecologie-Les Verts pour l'élection présidentielle de 2012 déplore par ailleurs un manque de mobilisation des hommes politiques français sur la question climatique.

"On ne peut pas dire que nos deux grandes formations que sont le Parti socialiste et Les Républicains fassent preuve de compétition débordante sur ces sujets-là ; il y a franchement une indigence de proposition et de mobilisation, qui me paraît en 2015 totalement aberrante", explique Nicolas Hulot.

"C'est bien beau d'être obsédé par l'élection présidentielle mais le sort de la France est beaucoup plus conditionné par ce qui va se passer à la Conférence de Paris que par ce qui se passera à l'élection présidentielle (de 2017)."

Les enjeux climatiques sont encore dans une large mesure, aux yeux de la majorité de l'opinion publique, une abstraction et une affaire de spécialistes.

"Un élément fantastique de communication serait justement que la classe politique soit capable d'une forme de concorde sur ce sujet et fasse oeuvre de pédagogie et de compétition positive en termes de propositions", fait valoir Nicolas Hulot.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • manx750 le jeudi 10 sept 2015 à 19:07

    Le conseiller en écologie planétaire du président de Hollandie est un grand spécialiste de l'nvironnement, très pointu en sciences : Grand amateur d'hélico (moyen de 80l/H en vol de carburant0) ancien coureur sur le rallye Paris Dakar (écolo...) et une carriere de scientifique de haut niveau : Successivement plagiste, moniteur de voile, serveur, puis photo-reporter, il est engagé en 1973 comme pigiste par l'agence de presse Sipa.(source: Wiki)

  • M2683479 le jeudi 10 sept 2015 à 18:56

    difficile d'obtenir des informations non orientées par la" presstituée"

  • manx750 le jeudi 10 sept 2015 à 18:52

    Y a t il un journaliste non inféodé qui pourrait s'interesser aux très très luxueux bureaux octroyés à M. Hulot à sa nomination comme "conseiller" tout près de l'Elysée par M. hollande .? On susurre qu'il s'agirait d'appartement amnénagé par le président précédent pour accuillir des personnalités étrangères officielles...

  • M940878 le jeudi 10 sept 2015 à 18:33

    l'Afrique va quadrupler de population en 50 ans , pour préserver la planète faudrait les équiper en préservatifs et leur apprendre à travailler

  • M2683479 le jeudi 10 sept 2015 à 18:32

    es températures mondiales peuvent se retrouver plus froides qu’aujourd’hui pendant 50 ans ou plus », a dit Henrik Svensmark, directeur du centre de recherche climatique à l’institut spatial du Danemark. » Ce sera une longue bataille pour convaincre certains scientifiques en climat que le soleil est important. Il est possible que le soleil en fasse lui-même la démonstration sans l’aide de quiconque. »

  • M2683479 le jeudi 10 sept 2015 à 18:21

    c’est presque incroyable, les médias officiels répètent comme des perroquets de nouvelles affirmations provenant des mêmes experts déjà discrédités qui indiquent qu’ « il n’y aura plus de glace » en Arctique d’ici 2016.

  • M999141 le jeudi 10 sept 2015 à 18:21

    C'est un peu le concept du pollueur payé

  • cesarski le jeudi 10 sept 2015 à 18:20

    cop21 échec évident! toutes les règles jusqu’à la cop20 ont été balayées pour des raisons vénales! les 2°C sont déjà dépassés. les journalistes n'ont rien compris en relayant des infos erronées , un peu de sérieux svp

  • M999141 le jeudi 10 sept 2015 à 18:20

    Si j'avais pollué autant que lui, moi aussi j'aurais des remords

  • M2683479 le jeudi 10 sept 2015 à 18:18

    la BBC, financée par le gouvernement, attisa l’hystérie collective avec un article aujourd’hui embarrassant, dont le titre était : « Des étés arctiques sans glace « avant 2013″ [2]. » D’autres médias officiels relayèrent la même information.