La conférence sociale s'ouvre dans un climat tendu

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OUVERTURE DE LA CONFÉRENCE SOCIALE DANS UN CLIMAT TENDU
OUVERTURE DE LA CONFÉRENCE SOCIALE DANS UN CLIMAT TENDU

PARIS (Reuters) - La deuxième conférence sociale du quinquennat de François Hollande s'est ouverte jeudi à Paris dans un climat bien moins consensuel que la première, à l'approche d'une réforme des retraites qui divise profondément les partenaires sociaux.

Outre la dégradation de la situation économique et la poursuite de la progression du chômage depuis un an, le gouvernement a contribué à en plomber l'atmosphère en annonçant en début de semaine que le gel du point d'indice de la grille salariale des fonctionnaires serait reconduit en 2014.

Avant même cette annonce, le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, avait averti que le ton de la conférence sociale réunie pendant deux jours au palais d'Iéna serait "plus dur" que celui de la précédente, organisée dans la foulée du retour des socialistes au pouvoir.

La CGT prépare de son côté une mobilisation pour la rentrée, son nouveau secrétaire général, Thierry Lepaon, estimant dans les colonnes du Parisien de jeudi que le chef de l'Etat "manque totalement d'ambition" en matière économique et sociale".

"Je trouve aussi scandaleux que la question des salaires ne soit pas abordée (...) La réponse du gouvernement a été simple et claire: 'Le patronat ne veut pas en discuter !' Cela traduit bien l'état d'esprit de cette conférence", a-t-il dit.

Conjoncture oblige, l'emploi a été placé au coeur des deux jours de travaux. Mais la réforme des retraites, un exercice toujours explosif en France et auquel les socialistes ne se sont jamais attaqués auparavant, est dans tous les esprits.

CONCERTATION SUR LES RETRAITES

Les partenaires sociaux ont pris leurs marques après la remise la semaine passée du rapport Moreau, qui propose au gouvernement des solutions pour trouver les sept milliards d'euros nécessaires au rééquilibrage du régime général des retraites à l'horizon 2020.

La CGT et FO ont rejeté par avance tout allongement de la durée de cotisation et le patronat ne veut pas entendre parler d'une hausse des cotisations en insistant sur la nécessité de ne pas porter atteinte à la compétitivité des entreprises.

L'exécutif a renoncé par avance à tenter de réunir patronat et syndicats autour d'un accord et ne leur propose qu'une simple concertation, avant de prendre des décisions à la fin de l'été.

S'agissant de l'emploi, il devrait, en l'absence de marge de manoeuvres financières, inciter les chefs d'entreprise à se saisir des outils mis en place pour tenter d'enrayer la montée du chômage comme les emplois d'avenir ou les contrats de génération.

Le gouvernement attend aussi beaucoup de l'ouverture d'un dialogue sur la réforme de la formation professionnelle pour qu'elle soit orientée prioritairement vers les chômeurs, sachant qu'une telle réforme, si elle voit le jour alors qu'elle est envisagée de longue date, prendra du temps.

François Hollande rencontrait à huis clos jeudi matin les délégations du patronat et des syndicats avant de prononcer à la mi-journée un discours qui doit donner le ton des travaux, organisés sous forme de six tables rondes.

A leur arrivée au palais d'Iéna, Jean-Claude Mailly et Laurent Berger, son homologue de la CFDT, ont dû sortir leur passeports pour montrer patte blanche aux personnes de l'accueil, qui ne les avaient pas reconnus, sous l'oeil amusé des photographes.

Yann Le Guernigou et Elizabeth Pineau, avec Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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  • Alexccar le jeudi 20 juin 2013 à 12:04

    @M8637171, bien résumé! aucune chance de voir la retraite des fonc alignée sur celle du privé...Le privé continuera de payer pour que les fonc se la coule douce! c'est çà la "justice" française.

  • M8637171 le jeudi 20 juin 2013 à 11:27

    les fossoyeurs de la france se réunissent. Ils n'ont fait que des réformes qui entravent la france depuis 30 ans. On est mal barré. Trop d'improductifs fonctionaires et autres. Trop d'élus. Trop de gabegie. Trop de réglementations. Trop de mauvais assistanat.

  • pichou59 le jeudi 20 juin 2013 à 11:25

    syndicats, vous représentez moins de 10% des actifs et vous faîtes la loi pour les 90 autres - n'oubliez pas les régimes spéciaux sncf, edf, gdf..., fond de commerce du ps, les pauvres ELUS et autres profiteurs (AME...).............