La Conférence sociale jette les bases d'un dialogue rénové

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LA CONFÉRENCE SOCIALE JETTE LES BASES D'UN DIALOGUE RÉNOVÉ
LA CONFÉRENCE SOCIALE JETTE LES BASES D'UN DIALOGUE RÉNOVÉ

par Elizabeth Pineau et Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Un début encourageant, mais... : telle était l'impression générale lundi au terme de la première journée de la conférence sociale que le nouvel exécutif souhaite voir jeter les bases d'un dialogue social rafraîchi pour mieux redresser le pays.

"J'ai le sentiment que tout le monde joue le jeu", a noté le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque tandis qu'Annick Coupé, de Solidaires, parlait "d'émergence d'un espace de dialogue" et que le leader de FO, Jean-Claude Mailly, jugeait que "ça coince sur la stratégie industrielle".

Grand ordonnateur de cette conférence, le ministre du Travail, Michel Sapin, s'est réjoui devant la presse de "l'appétit de débats, le plaisir à dialoguer véritablement" dégagé par les sept tables rondes.

"Les sommets qui durent deux heures dont on connaît le résultat avant de commencer, ils n'en pouvaient plus !", a-t-il ajouté dans un tacle à l'exécutif précédent.

Jean-Marc Ayrault conclura les débats mardi après-midi, après une dernière matinée de travaux au palais d'Iéna, siège du Conseil économique, social et environnemental.

"Trouver des réponses pour renforcer l'efficacité économique de notre pays et permettre au monde du travail et aux salariés de trouver leur juste place, c'est ça la conception que nous avons de la République sociale", a souligné le Premier ministre.

En lançant les débats lundi matin, François Hollande a invité les 200 représentants des syndicats et du patronat à rechercher un "compromis positif".

De l'inscription du dialogue social dans la Constitution à la mise en place, début 2013, du "contrat de génération", le président socialiste, entré en fonctions il y a deux mois, a confirmé des promesses de campagne et placé l'emploi comme priorité dans un contexte économique très dégradé.

"La conférence sociale n'est non pas un aboutissement, une promesse qui viendrait d'être tenue, c'est un commencement", a-t-il déclaré à la fin de son discours, prononcé au terme de deux heures de réunion à huis clos.

"L'idée que je lance, c'est celle du compromis positif, une idée qui permettra à notre pays de sortir par le haut des épreuves qu'il traverse", a ajouté le chef de l'Etat.

La conférence vise à établir une "feuille de route qui engagera à l'Etat pour les années qui viennent", a expliqué le président, qui donné "d'ores et déjà rendez-vous dans un an pour un premier bilan".

COÛT DU TRAVAIL

Face au chômage qui augmente depuis un an, François Hollande a dit faire de l'emploi "la" priorité.

"Je n'accepterai pas qu'un pays comme le nôtre se résigne à considérer le chômage comme une fatalité", a-t-il dit, annonçant pour début 2013 l'entrée en vigueur du "contrat de génération" visant à encourager les entreprises à garder des seniors et embaucher des jeunes, les deux catégories les plus touchées.

Le niveau très élevé de la dette risque de mettre la France dans une situation de "vulnérabilité" vis-à-vis des marchés, a ajouté François Hollande, qui refuse en outre de faire peser le financement de la protection sociale sur le seul travail.

Qu'il s'agisse du marché du travail ou du financement de la protection sociale, les partenaires sociaux en appellent à l'Etat, en soulignant que la faible croissance et les pressions pour réduire le déficit public limitent ses marges de manoeuvre.

Parmi les principaux défis: améliorer la compétitivité des entreprises et gérer l'impact sur les rémunérations des fonctionnaires du gel annoncé de la masse salariale de l'Etat.

Au terme de cette première journée, les participants évoquaient des avancées, comme sur la question de l'égalité au travail, ou des blocages, constatés au sein de la table ronde sur le redressement productif.

"Là où ça coince, au-delà de ce qui était prévisible sur la flexibilité et les rémunérations, c'est la stratégie industrielle", a dit Jean-Claude Mailly, de FO. "Si la majorité considère que le problème dans ce domaine, c'est le coût du travail, on n'a plus d'industrie dans 20 ans".

Selon Pierre Gattaz, du Medef, les participants ont "tous fait le constat qu'il faut faire quelque chose: le bateau industrie prend l'eau, il n'a pas de cap et il y a une tempête".

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a plaidé dès son arrivée au palais d'Iéna pour "des engagements sur le moyen terme" et des "décisions concrètes".

La droite a dénoncé quant à elle un "grand spectacle", à l'image du secrétaire national de l'UMP Geoffroy Didier, pour qui la feuille de route présidentielle se résume en ces mots: "Il est urgent d'attendre !"

Avec Jean-Baptiste Vey, édité par Gérard Bon

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  • jack205 le lundi 9 juil 2012 à 23:05

    Espérons que nous ne revivrons pas les désillusions des années 80. Rappelez vous les promesses de Mitterandet ce qui s'est produit.

  • knbskin le lundi 9 juil 2012 à 21:30

    Bah ! En 1981, Pierre Mauroy, sur un ton plus lyrique, s'était autoproclamé "chef de guerre contre le chômage" et annoncé qu'il se "battrait sur le crête des deux millions de chômeurs" ou autres coquecigrues. On verra bien ! ;)