La conférence de Rome appuie un accord en Libye, un oeil sur l'EI

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    par Steve Scherer et Lesley Wroughton 
    ROME, 13 décembre (Reuters) - Plusieurs puissances mondiales 
et régionales réunies dimanche à Rome ont apporté leur soutien à 
la formation d'un gouvernement d'unité en Libye, promettant une 
aide économique et surtout une assistance dans le domaine de la 
sécurité pour faire face à la progression des djihadistes de 
l'Etat islamique (EI). 
    Cette conférence internationale réunissait 17 pays, dont 
l'Allemagne, la Chine, l'Egypte, la Russie et la Turquie, sous 
la présidence des Etats-Unis et de l'Italie en vue de faciliter 
la formation d'un gouvernement d'union en Libye, pour mettre fin 
au chaos dans ce pays plus de quatre ans après la chute de 
Mouammar Kadhafi. 
    Le communiqué adopté à l'issue des discussions appelle à un 
cessez-le-feu immédiat sur tout le territoire libyen et précise 
que la communauté internationale s'engage à assister les futures 
autorités du pays. 
    "Nous sommes prêts à soutenir la mise en oeuvre d'un accord 
politique et soulignons notre ferme engagement à apporter au 
gouvernement d'accord national un soutien politique et une 
assistance technique, économique, sécuritaire et antiterroriste 
pleine et entière", peut-on lire dans la déclaration de Rome. 
    Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, le chef de la 
diplomatie italienne Paolo Gentiloni et l'émissaire spécial de 
l'Onu pour la Libye, l'Allemand Martin Kobler, se sont dits 
optimistes quant à la perspective de signature d'un accord 
d'unité nationale le 16 décembre par les deux gouvernements 
rivaux qui se disputent la légitimité du pouvoir. 
    La plupart des délégués des deux gouvernements libyens "sont 
prêts à signer un accord et refusent d'en être empêchés par une 
ou deux personnes ou par des considérations politiques isolées", 
a dit John Kerry à la presse. 
    De son côté, Paolo Gentiloni a souligné que "le message 
envoyé aujourd'hui est clair: ce qui importe, c'est la 
stabilisation de la Libye parce que cela peut aussi contribuer à 
la lutte contre le terrorisme". 
    Les pays occidentaux s'inquiètent particulièrement de 
l'implantation des djihadistes de l'Etat islamique (EI) dans la 
région de Syrte, l'ancien fief du "guide" libyen. Le Premier 
ministre français Manuel Valls a ainsi déclaré vendredi que la 
France devrait combattre l'EI "demain sans doute en Libye" et 
non plus seulement en Irak et en Syrie. (voir  ID:nL8N1403GN ) 
     
    "LA FIN DES NÉGOCIATIONS VA RENFORCER LES 'DURS'" 
    L'Onu tente depuis un an de trouver une solution politique à 
la crise en Libye. L'accord prévoit que le futur gouvernement 
d'union puisse demander une aide militaire internationale pour 
combattre l'Etat islamique. L'organisation djihadiste ne cesse 
d'accentuer sa présence dans le pays, où elle compterait quelque 
3.000 combattants. 
    "Les Libyens veulent riposter et ils veulent une aide 
internationale pour la faire", a indiqué un diplomate américain, 
ajoutant que les Occidentaux pourraient entraîner et équiper les 
forces libyennes. 
    La Chambre des représentants, le Parlement libyen légitime, 
et le Congrès général national (CGN), assemblée concurrente qui 
siège à Tripoli, ont conclu le week-end dernier un accord de 
principe en vue du règlement du conflit. 
    Cet accord prévoit la formation d'un comité de dix membres, 
cinq de chaque parlement, qui devra désigner un Premier ministre 
intérimaire et ses deux adjoints. Des élections législatives 
seront organisées dans les deux ans. 
    Les miliciens islamistes de l'Aube libyenne ont formé un 
"gouvernement de salut national" après s'être emparés de Tripoli 
en août 2014, ce qui a contraint l'exécutif et la Chambre des 
représentants reconnus internationalement à s'exiler dans l'est 
du pays. Ils ont en outre reformé à Tripoli l'ancienne 
législature, le CGN. 
    La proposition faite par l'Onu prévoit la mise en place d'un 
Conseil présidentiel composé de six membres, qui devra 
représenter les centres de pouvoir régionaux traditionnels du 
pays, ainsi que d'une Chambre des représentants et d'une seconde 
chambre, consultative, le Conseil d'Etat. 
    Ce Conseil présidentiel pourrait former un gouvernement dans 
les trente jours suivant la signature de l'accord. 
    Mais les structures tribales de la Libye et la fragmentation 
des forces politiques font peser une lourde menace sur les 
chances de voir un accord appliqué. "La fin des négociations va 
renforcer les 'durs'", a estimé le groupe de réflexion 
International Crisis Group (ICG) avant la conférence de Rome.  
 
 (Guy Kerivel et Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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