La conférence de Paris s'engage à aider militairement l'Irak

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* Une trentaine de pays réunis à Paris face à l'Etat islamique * Aucune précision sur la nature de l'aide militaire * Premiers vols de reconnaissance français en Irak (Actualisé avec chef de la diplomatie irakienne, source diplomatique) par Marine Pennetier et John Irish PARIS, 15 septembre (Reuters) - La conférence internationale de Paris sur l'Irak s'est engagée lundi à fournir une "aide militaire appropriée" à Badgad pour lutter contre l'Etat islamique (EI) dans une déclaration finale qui ne précise toutefois pas l'ampleur de ce soutien. Réunis trois mois après le début de l'offensive djihadiste en Irak, une trentaine de pays, dont les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu, ont discuté des aspects sécuritaires, humanitaires et politiques de la réponse à apporter au défi posé par l'organisation radicale sunnite. "Les participants ont souligné la nécessité de mettre un terme à la présence de Daesh (acronyme arabe de l'Etat islamique-NDLR) dans les régions où il a pris position en Irak", peut-on lire dans le texte qui ne fait pas mention de la Syrie. "Dans cet objectif, ils se sont engagés à soutenir par les moyens nécessaires le nouveau gouvernement irakien dans sa lutte contre Daesh, y compris par une aide militaire appropriée, correspondant aux besoins exprimés par les autorités irakiennes et dans le respect du droit international et de la sécurité des populations civiles." Issu d'Al Qaïda, l'EI s'est emparé au cours de l'été de vastes pans de territoires en Irak et en Syrie, provoquant la fuite de plusieurs dizaines de milliers de civils, et a revendiqué la décapitation de deux journalistes américains et d'un ressortissant britannique. "Quand on a affaire à un groupe de cette sorte, il n'y a pas d'autre attitude que de se défendre, c'est ce que la communauté internationale quelles que soient les nuances et les différences a décidé de faire", a souligné le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, en clôture de la conférence. PURIFICATION ETHNIQUE ET RELIGIEUSE Dans la matinée, François Hollande avait appelé la communauté internationale à s'engager aux côtés des autorités irakiennes "clairement, loyalement et fortement", estimant qu'il n'y avait pas "de temps à perdre". Son homologue irakien, Fouad Massoum, avait de son côté qualifié les crimes commis par l'EI de "génocide, de purification ethnique et religieuse" et souhaité la poursuite des opérations aériennes contre les sites des djihadistes, visés depuis le 8 août par des bombardements américains. "Nous ne devons pas leur permettre de s'abriter, ils ne doivent pas avoir de sanctuaires", a-t-il souligné. "On doit les poursuivre où qu'ils se trouvent, nous devons assécher les sources de leur financement, nous devons les encercler par des lois qui empêcheront les combattants des pays voisins ou d'autres pays d'aller les rejoindre". Dans leur déclaration finale, les pays participants jugent nécessaire de coordonner l'action des services de sécurité et de renforcer la surveillance des frontières, et accueillent "avec satisfaction" la perspective de travailler à un plan d'action pour lutter contre le financement du terrorisme. Une dizaine de pays occidentaux ont accepté de constituer le noyau dur de la coalition internationale annoncée il y a une dizaine de jours à Washington qui a obtenu depuis l'engagement de dix pays arabes, dont l'Arabie saoudite et le Qatar, à lutter contre l'EI, organisation sunnite issue d'Al Qaïda. Grand absent de la conférence, l'Iran a de son côté indiqué avoir mis son veto à toute coopération avec les Etats-Unis pour combattre les djihadistes ultra-radicaux. "Grâce aux opérations que nous allons mener, je pense que cela ne sera pas difficile de reprendre Mossoul", la deuxième ville irakienne tombée aux mains de l'EI début juin, a déclaré le chef de la diplomatie irakienne Ibrahim al Jaafari. VOLS DE RECONNAISSANCE Au moment où s'ouvrait la conférence de Paris, l'armée française a mené ses premiers vols de reconnaissance au-dessus du territoire irakien. Selon une source diplomatique française, deux Rafale et un ravitailleur ont décollé depuis la base française d'al Dhafra, aux Emirats arabes unis, située à deux heures de vol de l'Irak. Six avions Rafale y sont prépositionnés et un peu moins d'un millier d'hommes déployés. Un renforcement de la base pourrait être envisagé. "Nous avons tout ce qu'il faut là bas", souligne-t-on dans l'entourage du ministre de la Défense. Outre les volets militaire et humanitaire, la France, qui a acheminé de l'aide aux populations civiles et livré des armes aux Peshmergas, les combattants kurdes qui affrontent les djihadistes de l'EI dans leur région, insiste sur l'importance d'une réponse politique à apporter à la crise. La communauté internationale doit apporter son "soutien politique aux nouvelles autorités permettant la réconciliation et le rassemblement", a souligné François Hollande, une semaine après l'approbation par le parlement irakien du gouvernement dirigé par le nouveau Premier ministre chiite Haïdar al Abadi. Concernant la Syrie, où l'EI contrôle plusieurs régions, le chef de l'Etat français a appelé à soutenir les forces de l'opposition démocratique au président syrien Bachar al Assad. "Le chaos fait le jeu des terroristes", a-t-il dit. "Il faut donc soutenir ceux qui peuvent négocier et faire les compromis nécessaires pour préserver l'avenir de la Syrie. Et pour la France ce sont les forces de l'opposition démocratique". Contrairement aux Etats-Unis qui envisagent de mener des frappes en Syrie, la France écarte pour l'instant ce scénario, Laurent Fabius ayant indiqué que Paris n'interviendrait pas en Syrie selon "les mêmes modalités" qu'en Irak. (avec Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)

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