La conférence de Doha sur le climat à deux doigts de l'échec

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LA CONFÉRENCE DE DOHA TENTE D'ÉVITER UN ÉCHEC
LA CONFÉRENCE DE DOHA TENTE D'ÉVITER UN ÉCHEC

DOHA (Reuters) - Les divergences sur les moyens à mettre en oeuvre pour aider les pays en développement à faire face aux conséquences du changement climatique menacent plus que jamais de faire capoter la conférence de Doha, dont la fin à été repoussée pour tenter d'éviter un échec.

Les discussions entamées il y a deux semaines dans le cadre de la XVIIIe session de la Convention cadres des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) devaient s'achever vendredi, mais se sont poursuivis dans la nuit.

Outre l'aide aux pays en développement, elles butent également sur le renouvellement du protocole de Kyoto. Faute d'accord, le traité qui contraint les pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, expirera le 31 décembre.

"Les ambitions sont au plus bas et le rythme est on ne peut plus lent", a déploré Kevin Conrad, négociateur en chef pour la Papouasie-Nouvelle Guinée, s'adressant aux délégués aux premières heures du jour.

Interrogé sur les perspectives d'accord concernant l'accroissement de l'aide aux pays en développement, Todd Stern, représentant spécial des Etats-Unis pour le climat, s'est contenté d'un haussement d'épaules désabusé.

"Nous avons rédigé de nouveaux projets et on ne sait pas si nous allons négocier ou les présenter en disant : 'C'est à prendre ou à laisser'. Mais tout ce déficit de sommeil fait partie de la tactique", a pour sa part expliqué Sofoclis Aletraris, ministre chypriote de l'Environnement, dont le pays assure la présidence de l'Union européenne.

Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la CCNUCC, a elle même semblé exclure une issue positive. "Les ambitions ne seront jamais suffisantes. Le fait est que la réponse politique internationale est bien en-deçà de ce que dit la science. Il y aura toujours un décalage", a-t-elle regretté.

Le protocole de Kyoto est l'unique dispositif contraignant en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre. La Russie, le Japon et le Canada, signataires du traité adopté en 1997, ont d'ores et déjà exclu de prendre de nouveaux engagements.

PRIORITÉ À L'ÉCONOMIE

Les Etats-Unis n'ont pour leur part jamais ratifié le texte au motif qu'il serait néfaste pour leur économie et le président américain Barack Obama, qui se dit néanmoins "convaincu" de la réalité du changement climatique, a fait de la relance la priorité de son second mandat.

A Doha, Washington et l'Union européenne se sont opposés à l'adoption d'un calendrier concernant l'augmentation de l'aide aux pays pauvres, qui doit être multipliée par dix pour atteindre 100 milliards de dollars annuels d'ici 2020.

La création en 1992 de la convention cadre sur le changement climatique a illustré une prise de conscience des pays industrialisés concernant les effets de la pollution.

Cinq ans plus tard, dans le cadre du protocole de Kyoto, une quarantaine de pays se sont engagés à réduire d'ici 2008-2012 leurs émissions de gaz à effet de serre d'au moins 5,2% en moyenne par rapport à leurs niveaux de 1990. Ce traité a aussi mis en place un marché des droits d'émission.

Quinze ans plus tard, la calotte glaciaire arctique a atteint en septembre sa superficie la plus faible jamais mesurée tandis que les Etats-Unis et la Russie sont en proie à des vagues de chaleur et de sécheresse d'une fréquence inhabituelle, selon la Banque mondiale.

Malgré le ralentissement économique mondial, la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère a aussi atteint un niveau record en 2011, d'après l'Organisation météorologique mondiale.

Même si tous les pays respectaient leurs engagements actuels, la température mondiale augmenterait de plus de 3° Celsius d'ici 2100. Or, pour le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), un réchauffement de plus de 2°C entraînera une hausse du niveau des mers et des phénomènes extrêmes plus fréquents, tels qu'inondations, sécheresses ou tempêtes.

De tels bouleversements perturberont les pratiques agricoles et l'accès à l'eau potable alors que la population mondiale est en pleine expansion. Pour le Giec, la probabilité que le changement climatique soit d'origine humaine est de plus de 90%.

Bertrand Boucey et Jean-Philippe Lefief pour le service français

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  • frk987 le samedi 8 déc 2012 à 10:39

    Un asiatique qui crève de faim se fout éperdument du CO2, c'est un luxe de privilégiés. La seule solution c'est la décroissance de la population, mais là encore, vous irez expliquer au tiers monde que leur vieillesse ne peut être assurée que par une démographie imbécile.

  • lahmer le samedi 8 déc 2012 à 10:39

    comme l'a dit un journal cela va se terminer sur un doha d'honneur....

  • 66michel le samedi 8 déc 2012 à 10:08

    d'échec en échec c'est l'HOmme en général qui sera l'échec de la nature et de la vie. L'Homme est un prédateur de la VIE.