La compétitivité, urgence pour l'économie française, dit le FMI

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PARIS (Reuters) - Le manque de compétitivité de son économie assombrit les perspectives de croissance de la France et le problème risque de s'aggraver si elle ne s'adapte pas au même rythme que ses partenaires européens comme l'Espagne ou l'Italie, estime le Fonds monétaire international (FMI).

Dans un rapport publié lundi, le Fonds relève d'autre part la "forte détermination" du gouvernement pour redresser les comptes publics et ajoute que si la faiblesse de la croissance dans la zone euro persistait, la France et les Européens devraient envisager de ralentir le rythme d'ajustement budgétaire.

Les "progrès importants" réalisés en termes de stabilité financière doivent être consolidés et la fiscalité de l'épargne modifiée pour soutenir le financement de l'économie, poursuit-il.

"Le manque de compétitivité de l'économie française émerge comme le défi majeur à la stabilité macro-économique, la croissance et la création d'emplois", estime le FMI, selon qui les travaux et les négociations sociales en cours sont "une opportunité unique pour entreprendre des réformes d'envergure".

La publication de cette analyse intervient le jour où Louis Gallois propose une batterie de mesures pour accroître la compétitivité des entreprises françaises. Les partenaires sociaux négocient quant à eux une réforme du marché du travail.

Selon le FMI, "la perte de compétitivité est antérieure à la crise actuelle, mais elle risque de devenir encore plus sérieuse si l'économie française ne s'adapte pas au même rythme que ses principaux partenaires commerciaux en Europe, notamment l'Italie et l'Espagne".

Il prône à cet égard de "corriger les dysfonctionnements du marché du travail qui entravent l'investissement, l'emploi et, en fin de compte, la croissance ; et accroître la concurrence dans le secteur des services", des recommandations récurrentes des institutions internationales.

Quant à la baisse du coût du travail prônée par les chefs d'entreprise et par le rapport Gallois, le FMI prévient que si elle ne s'accompagnait pas de ces réformes "les bénéfices de la mesure se dissiperaient rapidement".

MOINS D'AUSTÉRITÉ ?

Sur le front budgétaire, le gouvernement compte sur une croissance de 0,8% du PIB l'an prochain pour ramener le déficit public de 4,5% du PIB attendu fin 2012 à 3% fin 2013.

Le FMI, qui prévoit une croissance de 0,4% en France en 2013, estime que "si, en 2013, la croissance économique rebondit au niveau envisagé par le gouvernement, les mesures prises dans le projet de loi de Finances devraient permettre d'atteindre l'objectif budgétaire".

"Si, au contraire, il s'avérait que la faiblesse de l'activité économique dans la zone euro (y compris en France) persistait, la France, ses partenaires européens et les institutions européennes devraient conjointement revoir la rapidité de l'ajustement budgétaire au niveau de la zone en vue de soutenir davantage la reprise économique", poursuit-il.

Cette déclaration fait écho à celles de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, en faveur d'une approche plus souple de l'ajustement budgétaire, mais l'institution n'avait jusqu'alors pas cité expressément la France. Elle intervient également au moment où le débat monte en Europe sur l'opportunité d'assouplir les objectifs de déficit pour ne pas aggraver la crise.

Le rétablissement budgétaire en France doit selon l'institution être fondé "sur une croissance beaucoup plus modérée de la dépense publique et sa rationalisation afin d'améliorer son efficacité et de permettre une baisse du poids de la fiscalité sur le moyen terme".

Quant au système bancaire, "les inquiétudes concernant la stabilité financière qui se sont posées depuis 2011, dans le contexte de la crise de la zone euro et la difficulté d'accès au financement de marché en dollar, se sont considérablement tassées", note le FMI.

Les banques françaises "ont pris des mesures rapides pour améliorer leurs ratios de solvabilité et la structure de leur financement". Elles "sont bien placées pour se conformer, en avance sur le calendrier, aux exigences réglementaires internationales en matière de capital" et "sont aussi en meilleure position pour faire face à l'impact d'une faible croissance économique sur la qualité de leurs actifs, ainsi qu'à l'impact de tensions sur les marchés".

Cependant, "leur forte exposition au financement de marché pourrait être une source de vulnérabilité en cas de nouvelles tensions graves de liquidité ou de crise de confiance au sein de la zone euro".

De plus, "les changements réglementaires en cours rendent nécessaire une refonte du traitement fiscal de l'épargne afin d'assurer que l'intermédiation financière demeure efficace".

"La refonte de la fiscalité de l'épargne envisagée par le gouvernement devrait constituer un instrument important pour faire face à ce défi."

Jean-Baptiste Vey, édité par Yann Le Guernigou

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