La compagnie aérienne hongroise Malev à court de liquidités

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BUDAPEST (Reuters) - La compagnie aérienne hongroise Malev a annoncé lundi qu'elle n'avait plus la trésorerie nécessaire pour poursuivre ses activités, quelques heures après l'adoption par le gouvernement d'un décret censé lui éviter une faillite pure et simple.

La Commission européenne a exigé il y a trois semaines le remboursement de plus de 200 millions d'euros d'aides d'Etat jugées illégales reçues par Malev entre 2007 et 2010. Les sommes en jeu représentent l'équivalent d'un an de chiffre d'affaires pour la compagnie.

"Lors du conseil d'administration d'aujourd'hui, le directeur général Lorant Limburger a informé le conseil qu'en dépit de l'amélioration continue des résultats commerciaux, le financement des activités était devenu intenable fin janvier" a déclaré Malev.

La compagnie, qui génère 40% du chiffre d'affaires de l'aéroport international de Budapest, a précisé avoir conclu un accord avec le loueur d'avions américain ILFC pour poursuivre la location de sa flotte de 22 appareils.

La direction est chargée d'élaborer d'ici la fin de la semaine un plan de gestion de la trésorerie et l'entreprise a adressé un nouvel appel à l'aide au gouvernement.

Après plusieurs tentatives vaines de privatisation, l'Etat hongrois est remontée en 2010 à 95% du capital de Malev, qui emploie 2.600 personnes.

"Le conseil (...) a demandé à l'actionnaire de faire tout son possible pour résoudre le problème, tout en reconnaissant que la décision (de la Commission européenne, NDLR) limite considérablement la marge de manoeuvre du gouvernement", a ajouté la compagnie.

En début de journée, un décret gouvernemental signé par le Premier ministre, Viktor Orban, avait fait de Malev un actif stratégique, ce qui empêche ses créanciers de déclencher des procédures de cessation de paiement.

Malev a perdu 24,6 milliards de forints (83 millions d'euros) en 2010 mais elle a annoncé récemment s'attendre à une nette amélioration de ses résultats d'exploitation cette année grâce à la hausse de son chiffre d'affaires et de son coefficient d'occupation.

Gergely Szakacs, Marc Angrand pour le service français, édité par Jean Décotte

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