La communauté internationale promet des milliards à la Tunisie

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    par Tarek Amara 
    TUNIS, 29 novembre (Reuters) - Le Qatar a promis une aide de 
1,2 milliard d'euros à la Tunisie mardi au premier jour d'une 
conférence internationale sur l'investissement dans le pays 
nord-africain.  
    Ce don annoncé par l'émir Tamim ben Hamad al Sani est le 
plus important jamais offert par un pays à la Tunisie depuis la 
chute du dictateur Zine Ben Ali en janvier 2011, prélude à une 
série de bouleversements politiques dans le monde arabe. 
    Le fonds de développement de l'Arabie saoudite s'est engagé 
à fournir au pays l'équivalent de 756 millions d'euros de dons 
et prêts à taux réduit.  
    La Banque européenne d'investissement (BEI) a de son côté 
offert de prêter 2,5 milliards d'euros à Tunis d'ici 2020.  
    La conférence de Tunis, qui s'achèvera mercredi, a attiré 
les représentants d'une quarantaine de pays.  
    La Tunisie espère inverser la baisse continue des 
investissements étrangers depuis la "révolution du jasmin".  
    La transition démocratique est louée par la communauté 
internationale mais les attentats islamistes et les conflits 
sociaux affectent fortement le tourisme et l'investissement, et 
le chômage reste élevé, en particulier chez les jeunes.  
    "La Tunisie traverse une période très particulière qui 
nécessite un niveau de soutien dont nous n'aurions pas besoin en 
temps normal", a déclaré le président Beji Caïd Essebsi lors de 
la réunion. 
    L'émir du Qatar a déclaré que cette conférence "Tunisia 
2020" permettait de "soutenir une expérience prometteuse et 
éviter le pire".  
    La Tunisie a déjà engrangé par le passé d'autres promesses 
de dons ou de prêts avantageux, mais celles-ci ne se sont pas 
toujours concrétisées selon Tunis, qui peine à obtenir des 
investissements économiques à long terme.  
    Le Premier ministre Youssef Chahed espère qu'une loi sur 
l'investissement approuvée en septembre dernier contribuera à 
attirer des capitaux étrangers dans le pays. 
    Cette loi réduit les obstacles bureaucratiques à 
l'investissement, limite les impôts sur le bénéfice et supprime 
certaines restrictions aux transferts de fonds vers l'étranger. 
    Sous la pression des bailleurs de fonds internationaux, le 
gouvernement travaille aussi à une réduction des dépenses 
publiques et du déficit dans son projet de budget 2017. Mais 
l'initiative risque de se heurter à de nouveaux conflits 
sociaux, certains secteurs se disant prêts à lutter contre de 
nouveaux impôts ou un gel des salaires du secteur public. 
    La Tunisie a récemment revu en baisse sa prévision de 
croissance pour 2016, à 1,5% contre 2,5% auparavant. Son déficit 
budgétaire est projeté pour 2017 à 5,4% du produit intérieur 
brut. 
 
 (Aidan Lewis; Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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