La commission sur les déficits américains va constater son échec

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par Thomas Ferraro

WASHINGTON (Reuters) - Les coprésidents de la commission spéciale du Congrès des Etats-Unis chargée d'examiner les moyens de réduire le déficit fédéral devraient constater lundi l'échec de leur mission, a-t-on appris dimanche soir de sources parlementaires.

Ce "super-comité", formé de six démocrates et six républicains, avait été créé cet été après l'accord sur le relèvement du plafond de la dette américaine. Il était censé identifier au moins 1.200 milliards de dollars d'économies sur dix ans.

A moins d'un développement inattendu, l'échec sera constaté lundi dans un communiqué cosigné par Jeb Hensarling, élu républicain à la Chambre des représentants, et Patty Murray, sénatrice démocrate, souligne-t-on de même source.

"Le Congrès laisse passer l'occasion de présenter un plan crédible aux marchés alors qu'une des dernières choses dont nous ayons besoin, c'est davantage d'incertitude", a déploré Paul Ballew, chef économiste chez Nationwide Insurance.

L'échec annoncé pourrait aussi enraciner davantage encore l'opinion négative que les électeurs américains ont de la politique telle qu'elle se pratique à Washington.

Le feuilleton estival du relèvement du plafond de la dette, qui a failli provoquer la suspension des activités d'une partie du gouvernement fédéral et débouché sur la perte du triple A des Etats-Unis, ont fait plonger la popularité du Congrès, déjà malmenée par les tractations sur la réforme de la santé voulue par Barack Obama.

L'accord trouvé le 31 juillet sur le relèvement du plafond de la dette fédérale prévoyait que ce "super-comité" remette ses conclusions ce mercredi au plus tard.

A défaut, un mécanisme de réductions automatiques des dépenses d'un montant équivalent entrerait en oeuvre à compter de 2013. Ces réductions automatiques frapperaient à parts égales les programmes civils et militaires.

Sauf retournement improbable, c'est ce scénario-là qui devrait se produire.

Démocrates et républicains siégeant au "super-comité" se sont opposés sur deux questions cruciales: les impôts et les programmes sociaux.

Après avoir cédé sur les coupes budgétaires lors des précédentes batailles livrées au Congrès, les démocrates réclamaient une augmentation significative des impôts, notamment pour les riches.

Les républicains, qui avaient accepté de revenir sur leur refus de principe de toute hausse des impôts, demandaient en revanche une refonte fondamentale des programmes de sécurité sociale, dont Medicare, ouvert aux plus de 65 ans.

"Nous n'accepterons pas un plan qui offre des baisses d'impôts aux Américains les plus riches et équilibre le tout en demandant des efforts incroyables à la classe moyenne", prévenait jeudi la sénatrice démocrate Patty Murray.

L'endettement américain a dépassé le cap de 15.000 milliards de dollars. L'équivalent de son produit intérieur brut.

avec Richard Cowan; Henri-Pierre André pour le service français

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