La Commission Juncker veut se concentrer sur l'économie en 2015

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* Juncker veut concentrer le tir sur la crise économique * La Commission dit ne pas vouloir sacrifier l'environnement STRASBOURG, 16 décembre (Reuters) - Jean-Claude Juncker a présenté mardi à Strasbourg un programme de travail de la Commission européenne pour 2015 resserré sur quelques priorités pour agir plus vite face à la crise économique et alléger le cadre réglementaire imposé aux Etats. La Commission qu'il préside lancera 23 initiatives relatives au marché du travail, l'économie numérique, l'énergie, le renforcement de l'Union monétaire, la politique commune d'immigration ou la lutte contre l'évasion fiscale. Elle envisage dans le même temps d'abandonner ou de modifier 80 propositions législatives actuellement dans ses cartons mais jugées inutiles, obsolètes ou non susceptibles d'aboutir en raison d'une situation de blocage au sein du Conseil européen. Un nombre équivalent de législations existantes devraient faire l'objet d'une évaluation en vue d'être à leur tour supprimées ou révisées. "Tout problème qui se pose en Europe n'est pas nécessairement un problème pour l'Europe et pour la Commission européenne", a souligné l'ancien Premier ministre luxembourgeois en affirmant, devant le Parlement européen, sa volonté de "réhabiliter le principe de subsidiarité". "La grande priorité, celle qui ne fait pas de doute, gravite autour des éléments croissance et emploi", a-t-il ajouté. Ebranlé par la révélation, par un consortium international de journaux, d'accords fiscaux passés entre le Luxembourg et quelque 340 multinationales pour minimiser leurs impôts au détriment d'autres pays, il a confirmé que la lutte contre l'évasion fiscale serait à l'agenda de la Commission. PAS DE MOINS-DISANT ENVIRONNEMENTAL La proposition de l'exécutif européen sera basée sur le principe "que le lieu du bénéfice doit être celui de l'imposition", a-t-il dit sous les applaudissements. Chargé de coordonner l'allégement du travail législatif, Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission, a assuré que les directives sur la taxation de l'énergie et sur l'économie circulaire ou le paquet sur la qualité de l'air n'étaient pas abandonnés. Leur retrait annoncé la semaine dernière après des fuites de presse avait suscité l'émoi des milieux environnementaux. "Nous allons les retirer pour les remplacer par une proposition plus ambitieuse", a-t-il affirmé des deux directives, jugeant la première "trop affaiblie par le Conseil", la seconde, insuffisamment efficace". "Nous pourrons le faire dans le cadre du plan d'investissement" de 315 milliards d'euros sur trois ans, annoncé le mois dernier par Jean-Claude Juncker, a-t-il ajouté. Sur la qualité de l'air, Frans Timmermans s'est également engagé à "maintenir pleinement l'ambition" de l'ensemble de mesures et à faire en sorte que les principales aboutissent. S'exprimant au nom du groupe Libéral et démocrate, l'eurodéputée néerlandaise Sophie in't Veld, s'est inquiétée du retrait de projets législatifs sur le seul critère d'une situation de blocage au sein du Conseil européen. "Si c'était la règle, beaucoup de bonnes lois ne seraient pas là", a-t-elle plaidé en évoquant l'union bancaire ou le brevet européen, entre autres sujets qui ont donné lieu à d'intenses tractations entre les Etats membres. François Grossetête, députée française de l'UMP, s'est en revanche réjouie du processus engagé par la Commission, y voyant la "fin des réglementations sur la taille des fruits et légumes ou la consommation d'eau des toilettes". (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)

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