La Commission européenne ouvre un troisième front contre Google

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 (Actualisé avec précisions, réaction de Google) 
    BRUXELLES, 14 juillet (Reuters) - Les autorités européennes 
ont ouvert jeudi un troisième front dans leur lutte antitrust 
contre Google, en l'accusant d'abus de position dominante sur le 
marché très lucratif de la recherche sur internet.  
    La Commission européenne a également renforcé ses 
accusations contre le moteur de recherche le plus utilisé dans 
le monde, en affirmant que ses résultats de recherche 
favorisaient son propre service de comparaison de prix au 
détriment de ceux de ses rivaux. 
    "Google a élaboré de nombreux produits innovants qui ont 
changé le cours de nos vies. Cela ne lui donne pas pour autant 
le droit de priver les autres entreprises de la possibilité de 
la concurrencer et d'innover", a déclaré la commissaire à la 
Concurrence, Margrethe Vestager, dans un communiqué.  
    La Commission a précisé avoir communiqué deux nouvelles 
"communications des griefs" à Google.  
    Celles-ci portent d'une part sur la plate-forme "AdSense for 
Search", accusée de restreindre la capacité de certains sites 
web tiers d'afficher les publicités contextuelles émanant de ses 
concurrents. 
    Cette plate-forme d'"intermédiation publicitaire liée aux 
recherches" permet à Google de jouer le rôle d'intermédiaire 
pour des sites internet de distributeurs en ligne, d'opérateurs 
de télécommunications ou de médias sur lesquels les résultats de 
recherche incluent des publicités contextuelles. 
    La Commission estime que les pratiques de Google "ont réduit 
artificiellement les possibilités des concurrents de Google sur 
ce marché important sur le plan commercial et donc la capacité 
des sites web tiers à investir dans la fourniture de choix et de 
services innovants aux consommateurs". 
     
    GOOGLE PROMET UNE RÉPONSE DANS QUELQUES SEMAINES 
    Les plates-formes AdWords et AdSense de Google sont dans le 
collimateur de la Commission depuis 2010 après des plaintes de 
concurrents. Elles représentent le coeur des activités du 
groupe, qui a réalisé un chiffre d'affaires total de 75 
milliards de dollars (67,6 milliards d'euros) en 2015.  
    Les procédures engagées par l'Union européenne ces dernières 
contre le groupe et contre d'autres multinationales américaines 
sur la concurrence, les données personnelles ou la fiscalité ont 
suscité une certaine irritation à Washington, où le président 
Barack Obama a accusé l'an dernier l'UE de pencher vers le 
protectionnisme. 
    Margrethe Vestager a répliqué qu'elle ne faisait 
qu'appliquer les règles et promouvoir une concurrence libre. 
    La CE a également mis en cause "la manière dont Google 
favorise son propre service de comparaison de prix par rapport à 
celui de ses concurrents".  
    Google, filiale de la holding Alphabet  GOOGL.O , a réagi en 
déclarant qu'il répondrait dans quelques semaines.  
    "Nous croyons que nos innovations et l'amélioration de nos 
produits ont enrichi les possibilités de choix dont disposent 
les clients européens et qu'elles favorisent la concurrence. 
Nous allons étudier les nouveaux arguments de la Commission et 
nous fournirons une réponse détaillée dans les semaines à 
venir", a déclaré un porte-parole.  
    Le groupe risque en théorie une amende d'un montant maximal 
égal à 10% de son chiffre d'affaires dans chaque dossier ouvert 
à son encontre s'il est jugé coupable d'infraction aux règles de 
la concurrence.  
     
 
    <^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ 
Le communiqué de la Commission    http://europa.eu/rapid/press-release_IP-16-2532_fr.htm 
    ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^> 
 (Foo Yun Chee, avec Julia Fioretti; Marc Angrand pour le 
service français, édité par Wilfrid Exbrayat) 
 

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