La Commission européenne exhorte la France à réformer davantage

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BRUXELLES SOULIGNE QUE LE BUDGET DE LA FRANCE N'OFFRE AUCUNE MARGE
BRUXELLES SOULIGNE QUE LE BUDGET DE LA FRANCE N'OFFRE AUCUNE MARGE

par Jean-Baptiste Vey

BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne a donné vendredi son aval au projet de budget 2014 de la France, mais a souligné qu'il n'offrait aucune marge en cas de dérapage et pressé le pays d'amplifier les réformes pour améliorer sa croissance et l'emploi.

Le ministre français de l'Economie et des Finances s'est félicité de cet avis, qui valide selon lui "sans réserve" la stratégie budgétaire du gouvernement. Et il a assuré que les réformes se poursuivraient, notamment pour la compétitivité.

L'ensemble des institutions internationales conseille à la France d'améliorer le fonctionnement de son marché du travail et de baisser le coût du travail pour enrayer l'érosion de la compétitivité de ses entreprises et un chômage massif.

C'est aussi notamment sur ces points que s'est fondée l'agence de notation Standard & Poor's pour abaisser la note souveraine de la France la semaine dernière.

"Ce sera un effort poursuivi, par exemple en matière de modernisation de l'action publique. Nous continuerons toutes les réformes pour la compétitivité, mais nous le ferons avec le souci qu'elles soient acceptables socialement", a dit Pierre Moscovici lors d'un point de presse à Bruxelles.

Prié de dire s'il y aurait donc d'autres réformes pour la compétitivité des entreprises, il a répondu: "bien sûr" et, citant les prochains assises de la fiscalité des entreprises, il a précisé: "nous continuerons l'effort sur le coût du travail".

Quant à réformer davantage le marché du travail, il a dit que l'accord conclu entre les partenaires sociaux pour lui donner plus de flexibilité venait d'entrer en vigueur et qu'avant d'éventuellement réfléchir à d'autres mesures, "il faut d'abord que cette réforme s'applique complètement".

LE "OUI MAIS" DE LA COMMISSION

L'exécutif européen s'exprimait pour la première fois sur les projets de budget des 13 pays de la zone euro qui ne sont pas sous assistance financière, avant leur vote par les parlements nationaux.

Concernant la France, "la Commission estime que le projet de budget est conforme aux règles du Pacte de stabilité et de croissance, sans toutefois de marge", lit-on dans son avis.

L'exécutif européen souligne cependant que les projets communiqués par la France pour conforter ses engagements ne comportent que "des progrès limités" sur le plan des réformes.

Le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a estimé qu'il fallait "persévérer dans les réformes entamées avec un double objectif: relever le potentiel de croissance et créer plus d'emplois".

"La poursuite de ces réformes de façon déterminée est fondamentale pour relancer la confiance dans l'économie française", a-t-il ajouté.

Ce type de réformes avait été présenté par la Commission comme une contrepartie au délai de deux ans accordé à la France pour ramener son déficit sous 3% du PIB, à fin 2015.

Dans sa recommandation aux ministres des Finances de l'UE sur le programme de partenariat économique présenté le 1er octobre par la France, une obligation pour un pays en déficit excessif, la Commission émet des doutes sur la possibilité de traduire la réduction des dépenses en "économies importantes" et sur la persistance du mille-feuille administratif.

Elle juge que la réforme des retraites présentée par le gouvernement "réduira le déficit du système des retraites mais ne suffira pas à l'éliminer d'ici 2020". Elle regrette que les régimes spéciaux et ceux de la fonction publique présenteront "un déficit significatif à cette date" et que les scénarios macro-économiques dans ce domaine restent "trop optimistes".

Elle souligne que les récentes hausses d'impôts semblent être contradictoires avec les engagements pris et "créent de l'incertitude sur la stratégie du gouvernement", et elle réclame plus d'explications sur la maîtrise des dépenses de santé, la réforme des retraites, et la réduction du coût du travail.

Le projet de budget de la France pour 2014 prévoit de ramener le déficit public de 4,1% du PIB fin 2013 à 3,6% fin 2014 par un effort de 15 milliards d'euros d'économies par rapport à la tendance et 3 milliards de hausse des prélèvements.

La France prévoit ensuite de remplir son engagement de ramener son déficit sous 3% du PIB fin 2015, en atteignant 2,8% par un effort qui sera intégralement constitué d'économies.

Edité par Yves Clarisse

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  • rodde12 le vendredi 15 nov 2013 à 16:42

    Chomar suite:Les fonctions de représentants du peuple sont gratuites. Ils devront en rendre compte en fin de mandat. Nul ne peut être élu et rester employé de la fonction publique. Le statut de la fonction publique est supprimé. Chaque poste fera l'objet d'une vérification d'utilité et un budget général sera attibué Il ne pourra être dépassé que sur les deniers personnels du ministre.

  • rodde12 le vendredi 15 nov 2013 à 16:38

    Chomar:Mesures pour redresser la France :Les hommes naissent libres et égaux en droits ; On oublie « en droit »Celui qui ne fait aucun effort n’a pas à être égal avec celui qui en fournit.Personne n’est né avec le droit d’avoir un salaire. Et personne ne doit être obligé d’en fournir a autrui. Celui qui est assisté ne doit pas avoir le droit de décider de l’assistance et d’en fixer le montant. Donc plus de droit de vote.

  • ttini le vendredi 15 nov 2013 à 16:31

    @kool21 : aux urnes oui, mais pour mettre qui ?

  • mipolod le vendredi 15 nov 2013 à 16:13

    On a vu ce qu'a fait la commission européenne avec la Grèce....Elle recommence avec la France. Pas crédible ce discours avec aussi peu arguments et moscouvici se gargarise alors qu'il est notoirement reconnu comme un des plus mauvais ministre des finances européen.

  • ppetitj le vendredi 15 nov 2013 à 16:00

    Davantage de peu ça fait pas grand chose au final...

  • M9095115 le vendredi 15 nov 2013 à 13:55

    Hey chomar effectivement Pépère prend dans la poche des productifs enfin ceux qui restent pour le donner à ceux qui fou.tent rien en espèrant que ces derniers voteront PS

  • M9095115 le vendredi 15 nov 2013 à 13:51

    Budget faux avec des chiffres de croissance bien au dessus du réel et l'Europe le sait.Le déficit sera malheureusement en hausse.Cette clique est à virer

  • NORDGHAZ le vendredi 15 nov 2013 à 13:38

    le mur est proche, maintenez le cap...

  • nono67 le vendredi 15 nov 2013 à 13:10

    ben ils ne manquent pas d'air mosco et cazneuve . Stratégie validée ? Ils n'ont pas du écouter jusqu'au bout. Le budjet est conforme aux obligations européennes mais avec tellement de points en suspend énoncé après : reformes des retraites " incomplète " ( en langage diplomatique cela veut dire revoyez votre copie ), les réformes ne contiennent que des progrès limités ( ce qui veut dire arretez de nous prendre pour des gosses ) etc etc . Mosco va encore avoir l'air piteux sur les plateaux .

  • M2280901 le vendredi 15 nov 2013 à 13:04

    ils ne pouvaient faire autrement mais le mur est au bout du chemin

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