La commission de l'Onu sur Gaza rendra bien son rapport en mars

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JERUSALEM/GENEVE, 3 février (Reuters) - La commission d'experts chargée par le Conseil des droits de l'homme de l'Onu d'enquêter sur d'éventuels crimes de guerre lors du conflit à Gaza l'été dernier rendra comme prévu son rapport le mois prochain, malgré la démission lundi de son chef, le juriste canadien William Schabas. Le Premier ministre israélien a demandé que ce rapport soit mis de côté, le numéro un de la commission d'experts ayant travaillé en 2012 comme consultant pour l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), ce qui selon Benjamin Netanyahu met en doute son impartialité. Plus de 2.100 Palestiniens, en majorité des civils, ont été tués durant l'offensive israélienne "Bordure protectrice" l'été dernier dans la bande de Gaza. Soixante-sept soldats israéliens ont également trouvé la mort, de même que six civils en Israël. William Schabas a présenté sa démission lundi à la suite des accusations israéliennes et afin de ne pas entraver les travaux de la commission d'enquête. L'ambassadeur d'Israël aux Nations unies à Genève, Eviatar Manor, avait écrit au président du Conseil des droits de l'homme, l'Allemand Joachim Rücker, pour dénoncer "un flagrant conflit d'intérêts" entre la mission confiée à Schabas et son ancien travail pour l'OLP. Dans sa lettre de démission, William Schabas a confirmé avoir rédigé une note juridique sur la question des droits de l'homme en octobre 2012 pour l'OLP, pour laquelle il a reçu 1.300 dollars. Il a souligné toutefois avoir travaillé "en toute indépendance et impartialité" dans le cadre de la commission d'enquête sur Gaza. Interrogé sur Radio Israël, le juriste canadien a dénoncé mardi des "attaques malveillantes" et précisé qu'il avait préféré démissionner afin de ne pas gêner les derniers travaux de la commission. "Le président (du Conseil des droits de l'homme) respecte la décision du professeur Schabas (de démissionner) et apprécie le fait qu'il écarte ainsi tout soupçon de conflit d'intérêts et préserve l'intégrité du processus (d'enquête)", écrit Joachim Rücker mardi dans un communiqué. Les enquêteurs "sont maintenant dans la phase finale de la récolte des éléments de la part du plus grand nombre possible de victimes et de témoins, des deux côtés", ajoute-t-il. Les deux autres membres de la commission d'enquête sont le Sénégalais Doudou Diène et l'Américaine Mary McGowan Davis. Un nouveau président devait être désigné dans la journée. Lors de la création de la commission d'enquête l'été dernier, Israël avait dénoncé "un tribunal fantoche". "Cela fait des années que le Conseil des droits de l'homme de l'Onu s'est transformé en un 'Conseil des droits des terroristes' dont les pseudo-investigations sont déterminées par avance", avait dit Yigal Palmor, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. (Allyn Fisher-Ilan et Stephanie Nebehay, Guy Kerivel pour le service français)

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