La comédie musicale "Into the Woods" revisite les contes de fées

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Le Théâtre du Châtelet continue d'explorer le monde enchanté de Stephen Sondheim, avec une quatrième comédie musicale du compositeur américain, "Into the woods", malicieux méli-mélo de contes de fées. AFP PHOTO / FRANCOIS GUILLOT
Le Théâtre du Châtelet continue d'explorer le monde enchanté de Stephen Sondheim, avec une quatrième comédie musicale du compositeur américain, "Into the woods", malicieux méli-mélo de contes de fées. AFP PHOTO / FRANCOIS GUILLOT

(AFP) - Le Théâtre du Châtelet continue d'explorer le monde enchanté de Stephen Sondheim, avec une quatrième comédie musicale du compositeur américain, "Into the woods", malicieux méli-mélo de contes de fées.

Cendrillon, Jack (du Haricot magique), le Petit Chaperon rouge et le loup, Raiponce (en allemand Rapunzel, personnage d'un conte des frères Grimm) se croisent dans les bois, lieu de toutes les transgressions, comme on le sait depuis Shakespeare et son "Songe d'une nuit d'été".

A coté des archétypes du conte, le librettiste James Lapine a ajouté deux personnages de sa composition, "le Boulanger et sa femme": un couple d'Américains moyens, qui se retrouve à vivre au milieu de sorcières, de princes et de géants. Ces deux personnages très humains cherchent tout simplement à gagner leur vie et à avoir un enfant. Ils seront le fil rouge de l'oeuvre qui entrelace savamment les différentes histoires sans jamais perdre le spectateur.

Tout commence comme il se doit par "Il était une fois", mais glisse insensiblement vers le chaos. Bruno Bettelheim et sa "Psychanalyse des contes de fées", Freud et Jung sont passés par là. Le Chaperon rouge est fort déluré, Cendrillon ne sait plus bien ce qu'elle veut, les princes sont infidèles et la morale de l'histoire n'est pas si simple que ça.

"Into the Woods", créé en 1987 aux Etats-Unis et jamais donné en France, est une des oeuvres les plus populaires de Stephen Sondheim outre-Atlantique. Les écoles la donnent avec le seul premier acte (qui fait déjà 90 minutes), et c'est bien dommage. Car la malice du compositeur et de son librettiste prend tout son sel au second acte, lorsque tout va de travers.

La femme du géant tué par Jack vient se venger en semant la terreur. La forêt devient cauchemardesque, les arbres se dressent à demi écrasés, plusieurs personnages meurent écrabouillés. Une grande séance collective de recherche du coupable s'instaure entre les survivants, et c'est sans grande illusion sur l'âme humaine que se clôt la pièce, en dépit du final consolateur "No one is alone" (personne n'est seul).

Après "A little night music" en 2009, "Sweeney Todd" en 2010 et "Sunday in the park with George" l'an dernier, la même équipe est aux commandes avec David Charles Abell à la baguette et Lee Blakeley à la mise en scène. Mention spéciale au rôle de la sorcière (Beverley Klein), à la fois drôle et inquiétante mère abusive qui croit bien faire en protégeant son enfant du vaste monde... où elle finit d'ailleurs écrabouillée.

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