La comédie humaine des rémunérations patronales

le
1
une Peugeot 208  sous bâche durant les préparatifs du salon de l'automobile de Genève le 3 mars 2015.
une Peugeot 208  sous bâche durant les préparatifs du salon de l'automobile de Genève le 3 mars 2015.

En miroir de ce théâtre des vanités se joue le spectacle de nos sociétés, dont les classes moyennes déclinent au bénéfice de deux extrêmes, les plus pauvres et les plus riches, selon Pierre-Yves Gomez, professeur à l’EM Lyon.

La rémunération des dirigeants des grandes entreprises est, une nouvelle fois, le sujet d’un spectacle qui ressemble à une comédie de Molière. Cette année, les deux frères ennemis de l’automobile française, Carlos Ghosn, chez Renault, et Carlos Tavares, chez Peugeot, jouent la surenchère pour dépasser leurs rémunérations respectives. Le second ayant rattrapé le premier en obtenant 5 millions d’euros par an, ce dernier a tenté de passer à plus de 7 millions, contre l’avis de ses actionnaires.

Au théâtre de la puissance, le salaire élevé traduit la grandeur des personnages, et la manière de s’octroyer ces hauts revenus est l’objet d’intrigues souvent alambiquées. Outre l’opinion et les politiques, les administrateurs et les actionnaires ont un rôle éminent dans la pièce. A chaque arrivée et à chaque départ d’un dirigeant, mais aussi, de plus en plus, à chaque assemblée générale annuelle, se pose donc la question de L’Avare de Molière : « Que diable, toujours de l’argent ! Il semble qu’ils n’aient autre chose à dire : “De l’argent, de l’argent, de l’argent.” »

La surenchère à la taille Le lien entre la rémunération des dirigeants et la performance des entreprises est un thème fort de la théorie économique de l’entreprise, depuis les années 1990. Selon elle, en alignant les intérêts des dirigeants et des actionnaires, on servirait mécaniquement la performance de l’entreprise. Plus celle-ci est florissante, plus les patrons doivent gagner, et plus ils enrichissent les propriét...

Retrouvez cet article sur LeMonde.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M4189758 il y a 7 mois

    JPi Et quand l'économie ralentit les polis tiques leur servent des balladurettes, des jupettes ou encore sarkosettes et tout cela sur notre dos. De plus, pour moi, ces salaires sont un vol de fonds propres de ces sociétés. Enfin ils feraient mieux de mieux rétribuer les jeunes et leurs salariés. A qui: mieux mieux ?