La Colombie rappelle son ambassadeur au Venezuela, et inversement

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par Julia Symmes Cobb BOGOTA, 28 août (Reuters) - La Colombie a rappelé jeudi son ambassadeur au Venezuela et le Venezuela a fait de même avec son ambassadeur en poste à Bogota, nouveau signe d'une crispation des relations entre ces deux pays limitrophes. La crise actuelle a commencé la semaine dernière, lorsque le Venezuela a fermé deux poste frontière et expulsé plus d'un millier de Colombiens à la suite d'un accrochage entre des soldats vénézuéliens et des trafiquants -- trois soldats ont alors été blessés. Par la suite, le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a prolongé cette fermeture sine die et expliqué que l'expulsion des Colombiens était une mesure destinée à lutter contre les groupes paramilitaires qui prospèrent dans cette zone. Près de 1.100 Colombiens installés de l'autre côté de la frontière ont été renvoyés dans leur pays et, selon le président colombien Juan Manuel Santos, 5.000 à 6.000 autres personnes ont fui le Venezuela. Parmi les Colombiens expulsées, certains ont dit avoir vu leur maison détruite et des centaines de personnes ont dû déménager leurs biens, y compris des équipements électroménagers, en franchissant à pied le cours d'eau qui longe la frontière dans cette région. D'après Bogota, Caracas a donné jeudi l'autorisation à des petits fourgons de passer d'un pays à l'autre pour transporter ces biens, mais pas à des camions. "J'ai privilégié le dialogue et la diplomatie et je vais continuer à le faire, mais je ne peux pas laisser le Venezuela traiter ainsi la Colombie et les Colombiens", a déclaré à Bogota le président colombien de centre-droit. MANOEUVRE "Ces familles ne sont pas membres de groupes paramilitaires; il s'agit de familles humbles", a-t-il ajouté. "Et elles ont été chassées, comme elles me l'ont dit, comme des chiens." Peu après l'annonce du rappel de l'ambassadeur colombien, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Delcy Rodriguez, a fait savoir via Twitter que Nicolas Maduro avait demandé le rappel de son représentant à Bogota. Un peu plus tôt dans la journée, Nicolas Maduro avait affirmé qu'il ne rouvrirait pas la frontière tant que la Colombie ne la protégerait pas plus efficacement. Les opposants à Nicolas Maduro voient dans les prises de position du président, successeur d'Hugo Chavez, une manoeuvre dont l'objectif est de faire oublier les difficultés économiques du pays avant les élections législatives de décembre. Juan Manuel Santos fait également l'objet de critiques, notamment celles de l'ancien président Alvaro Uribe, qui s'est rendu cette semaine dans la région frontalière et a dénoncé l'inaction du gouvernement devant les agressions de la "dicature" de Nicolas Maduro. Les 2.200 km de frontière commune entre le Venezuela et la Colombie sont le théâtre de nombreux trafics. (Simon Carraud pour le service français)

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