La colère persiste en Turquie après l'attentat de Suruç

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(Avec manifestations, circonstances de la mort des policiers) ISTANBUL, 22 juillet (Reuters) - La police turque a procédé à une douzaine d'interpellations lors d'une deuxième nuit de manifestations antigouvernementales consécutives à l'attentat suicide qui a coûté la vie à 32 militants prokurdes lundi dans le sud-est de la Turquie, rapportent mercredi les autorités. Deux policiers ont par ailleurs été retrouvés morts d'une balle dans la tête dans leur maison de Ceylanpinar, une ville du Sud-Est située à 160 km de Suruç où s'est produit l'attentat, rapportent des responsables des services de sécurité. Ziya Caliskan, une élue du Parti démocratique du peuple (HDP, opposition prokurde), a déclaré que l'incident ne semblait pas lié à l'attentat, attribué par les autorités à l'organisation Etat islamique (EI). De nombreux Kurdes de Turquie et partisans de l'opposition accusent le président Recep Tayyip Erdogan et le parti au pouvoir AKP (Parti de la justice et du développement) de soutenir secrètement l'EI contre les combattants kurdes de Syrie, des accusations rejetées par Ankara. Des manifestations ont eu lieu mardi soir dans une dizaine de quartiers d'Istanbul, ainsi que dans les villes à majorité kurde du Sud-Est. Les protestataires ont défilé notamment sur une large avenue commerciale d'Istanbul, dans le quartier de Kadikoy, aux cris de "Etat islamique meurtrier, Erdogan et AKP complices", avant que la police ne le disperse à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Un rassemblement nocturne a également eu lieu à Ankara, la capitale, où les participants brandissaient des photos des victimes de l'attentat ainsi que des banderoles de l'organisation de jeunesse à laquelle elles appartenaient pour la plupart. L'attentat suicide, qui a fait une centaine de blessés, a visé des étudiants rassemblés par la Fédération des associations de jeunes socialistes avec l'objectif de rejoindre la ville syrienne de Kobani pour y apporter des jouets et reconstruire une bibliothèque détruite durant le siège de la ville par l'EI. Le HDP a appelé à un grand rassemblement samedi à Istanbul. Les peshmergas syriens ont mis fin au siège de Kobani en début d'année mais la ville-frontière, devenue un symbole pour les Kurdes, a de nouveau été attaquée par les djihadistes le mois dernier. (Ayla Jean Yackley, avec Seyhmus Cakan à Diyarbakir, Mert Ozkan à Ankara; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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