La coalition soutient le plan militaire et politique de l'Irak

le , mis à jour à 17:55
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* Réunion de la coalition anti-EI à Paris * Pas de changement radical de stratégie * Plan irakien prévoit le soutien aux tribus sunnites * Bagdad déplore un manque de soutien (Actualisé avec déclaration commune) par Marine Pennetier et John Irish PARIS, 2 juin (Reuters) - La coalition contre l'Etat islamique a apporté mardi son appui au plan politique et militaire du gouvernement irakien qui prévoit une accélération du soutien aux tribus sunnites jugé indispensable pour freiner l'avancée des djihadistes. Sous pression de ses partenaires pour accélérer la réconciliation, le Premier ministre irakien a prévenu que ce plan, qui vise notamment à reprendre le contrôle de la province majoritairement sunnite d'Anbar, ne serait viable que si la coalition arabo-occidentale renforçait son soutien militaire. "Nous pouvons faire des sacrifices pour combattre l'Etat islamique mais la coalition doit nous soutenir", a dit Haïdar al Abadi à Paris à l'issue d'un sommet consacré à la stratégie mise en place depuis près de dix mois en Irak et en Syrie. Au total, une vingtaine de pays et institutions ont participé à cette réunion organisée après le choc suscité par la perte des villes de Palmyre, en Syrie, et de Ramadi, en Irak, qui a mis en doute l'efficacité des bombardements aériens. La lutte contre les djihadistes est "un combat de long terme" mais "notre détermination est totale", a réaffirmé le chef de la diplomatie française Laurent Fabius qui présidait le sommet avec Haïdar al Abadi et le secrétaire d'Etat américain adjoint, Antony Blinken. Ce dernier a estimé que le plan d'urgence mis en place par l'Irak pour reconquérir la province d'Anbar était "un bon plan militairement et politiquement". "En Irak, aujourd'hui nous avons la bonne stratégie et elle sera gagnante si tous remplissent leurs obligations", a-t-il dit, dans une allusion à l'engagement pris en septembre dernier par Bagdad de renforcer sa politique de rassemblement. DÉFIANCE Le gouvernement irakien prévoit d'accélérer le soutien aux combattants tribaux d'Anbar, notamment en matière de recrutement, d'équipement et de formation, pour leur permettre de lutter aux côtés des forces irakiennes. La mobilisation des tribus sunnites arabes est jugée primordiale pour reconquérir les pans de territoires passés sous contrôle de l'Etat islamique. Leur ralliement pourrait permettre de rétablir la confiance entre la population sunnite et le gouvernement chiite après des années de défiance qui ont nourri un fort ressentiment et ont permis à l'Etat islamique de prospérer. "La stratégie militaire est indissociable de la mise en oeuvre de la politique de réconciliation en Irak", a souligné Laurent Fabius. L'engagement du gouvernement irakien est "nécessaire pour la pleine mise en oeuvre du programme de réformes qui a été annoncé afin de répondre aux aspirations de tous les Irakiens et de les rassembler (...) contre Daech". Mais la tâche s'annonce ardue. Présent à Paris, Cheikh Jamal al-Dhari, l'un des chefs de la tribu sunnite al Zoba, a estimé que le Premier ministre irakien ne serait pas en mesure de tenir parole au vu de ses liens avec l'Iran chiite. "Nous avons besoin d'une véritable réconciliation (...) pour trouver une solution politique (...), ensuite les sunnites se débarrasseront de Daech", a-t-il dit. "Mais nous ne nous débarrasserons pas de Daech pour mettre à la place Qassem Soleimani (commandant de la force d'élite iranienne Al Qods engagée en Irak, NDLR) à Bagdad." ECHEC INTERNATIONAL Un peu plus tôt dans la matinée, le chef du gouvernement irakien avait rejeté les critiques sur l'intégration des sunnites, mettant en avant la mobilisation de quelque 5.000 combattants sunnites aux côtés des forces irakiennes. "C'est un échec de la communauté internationale", a-t-il déclaré. "Le soutien aérien n'est pas suffisant". Concernant les armements et les munitions, "nous n'en avons pas reçu beaucoup, nous devons compter sur nous-mêmes", a-t-il ajouté. Les membres de la coalition qui participent aux frappes aériennes écartent pour l'heure toute intervention au sol et se limitent à soutenir les forces irakiennes via des frappes aériennes, des équipements et des formations. S'exprimant en téléconférence pendant le sommet, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a annoncé la livraison dès cette semaine de missiles antichars pour faire face aux véhicules piégés déployés à Ramadi. Concernant la Syrie, où l'EI contrôlerait la moitié du territoire selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), la coalition prend acte de la "détérioration continue de la situation ainsi que de l'incapacité et de l'absence de volonté du régime de Bachar al Assad de lutter contre Daech". Dans une déclaration commune, elle appelle à la mise en place rapide d'un "véritable processus politique inclusif" sous l'égide des Nations unies". (Edité par Yves Clarisse)

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