La coalition gouvernementale brésilienne vole en éclats

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 (Précisions, réaction) 
    par Anthony Boadle 
    BRASILIA, 29 mars (Reuters) - Le premier parti politique 
brésilien a annoncé mardi qu'il quittait la coalition 
gouvernementale, accroissant encore la probabilité d'une 
destitution de la présidente Dilma Rousseff. 
    La direction nationale du Parti du mouvement démocratique 
brésilien (PMDB) s'est réunie dans la journée et a décidé de 
quitter le gouvernement, au sein duquel ce parti détenait encore 
six portefeuilles en plus de la vice-présidence. 
    Un vote sur la destitution de la présidente pourrait avoir 
lieu début mai au Congrès. Au cas où Dilma Rousseff serait 
suspendue de ses fonctions dans l'attente d'une décision du 
Sénat, c'est son vice-président, Michel Temer, chef de file du 
PMDB, qui assurerait l'intérim. 
    Le président de la chambre des députés Eduardo Cunha, membre 
du PMDB, a souligné que son parti ne devait pas porter la 
responsabilité des erreurs commises par Dilma Rousseff. 
    Lundi, le ministre PMDB du Tourisme, Henrique Eduardo Alves, 
avait annoncé sa démission. "Le dialogue, j'ai le regret de le 
dire, est arrivé à son terme", a-t-il écrit dans sa lettre de 
démission à Dilma Rousseff. 
    Des conseillers de Temer ont déclaré que le vice-président 
était prêt à assumer les fonctions de chef de l'Etat et à tenter 
de sortir le pays de la récession. Plusieurs médias brésiliens 
ont rapporté pendant le week-end que l'entourage de Temer était 
en train d'élaborer un programme de travail pour ses premières 
semaines de présidence. 
    Dilma Rousseff est accusée d'avoir maquillé les comptes 
publics pour faciliter sa réélection en 2014, des faits qui 
s'ajoutent à la crise politique liée à l'enquête sur un système 
de corruption à grande échelle impliquant plusieurs des 
principales entreprises du pays, à commencer par le géant 
pétrolier Petrobras  PETR4.SA . 
     
    NOUVELLE DEMANDE DE DESTITUTION 
    L'ordre brésilien des avocats (OAB) a réclamé lundi 
l'ouverture d'une nouvelle procédure de destitution à l'encontre 
de Dilma Rousseff, qu'il accuse aussi d'obstruction à la justice 
et d'avoir accordé des exemptions fiscales à la Fédération 
internationale de football (Fifa) lors de la Coupe du monde 
2014. 
    Des partisans de la présidente ont tenté lundi d'empêcher 
physiquement l'OAB de déposer sa requête devant la chambre basse 
du Parlement brésilien aux cris de "Não passaram" (ils ne 
passeront pas), cri de ralliement traditionnel de la gauche. 
    Parmi les éléments présentés par l'OAB, la question de 
l'obstruction à la marche de la justice est peut-être la plus 
sensible pour la présidente. L'accusation est fondée sur les 
aveux du sénateur Delcidio Amaral, ancien allié de la 
présidente. 
    L'OAB reproche en outre à Dilma Rousseff d'avoir fait entrer 
dans son gouvernement son prédécesseur, Luiz Inacio Lula da 
Silva, afin de le préserver des poursuites judiciaires. 
    L'organisation, qui représente un million d'avocats 
brésiliens, accuse également la présidente d'avoir attenté aux 
intérêts du pays en dispensant la Fifa d'impôts lors de la Coupe 
du monde 2014. 
    Cette nouvelle requête vient s'ajouter à la dizaine d'autres 
qu'Eduardo Cunha doit examiner. Eduardo Cunha, adversaire 
farouche de Dilma Rousseff, est lui même visé dans le scandale 
Petrobras. 
 
 (Avec Maria Carolina Marcello; Nicolas Delame, Marc Angrand et 
Guy Kerivel pour le service français) 
 

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