La Coalition de la gauche radicale, surprise du scrutin grec

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La Coalition de la gauche radicale, surprise du scrutin grec
La Coalition de la gauche radicale, surprise du scrutin grec

par George Georgiopoulos

ATHENES (Reuters) - Les électeurs grecs ont sanctionné les deux grands partis, Nouvelle Démocratie (ND, droite) et le Pasok (social-démocrate), mais la grande surprise du scrutin législatif anticipé est la deuxième place prise par la Coalition de la gauche radicale (LC), résolument hostile au plan de renflouement et à la politique d'austérité.

La LC, dont le chef de file est un homme de 37 ans, Alexis Tsipras, a ainsi bénéficié du rejet par l'électorat de ND et du Pasok, qui dominent la vie politique en alternant au pouvoir depuis la chute du régime des colonels en 1974.

Donnée en troisième position avant le scrutin, cette formation a finalement dépassé les sociaux-démocrates, créant une sorte de mini-séisme politique.

Toutefois, son espoir de former un front uni de gauche pour mettre un coup d'arrêt à la politique d'austérité imposée par la "troïka" composée de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international semble toujours très éloigné.

Après dépouillement de près de 37% des suffrages, la Coalition de la gauche radicale obtient 15,8%, derrière ND (20,3%) mais devant le Pasok (14%).

Les projections réalisées par le ministère de l'Intérieur laissent penser que les deux anciens grands partis dominants qui soutiennent le plan de renflouement financier auront le plus grand mal à former un gouvernement de coalition stable.

A elles deux, ces formations devraient disposer au mieux d'un peu moins de 33% des voix, ce qui, dans la meilleure des hypothèses, leur donnerait une majorité d'un seul siège à la Vouli (Parlement grec), trop fragile aux yeux des observateurs.

SEPT POUR CENT POUR AUBE DORÉE

Autre indice de l'ampleur de la colère populaire: l'émergence d'un nouveau parti anti-immigrés et anti-Europe, Aube dorée (GD), qui est créditée de sept pour cent - assez pour entrer à l'assemblée.

Ce serait la première fois qu'une formation d'extrême droite siège au Parlement du pays berceau de la démocratie occidentale depuis la chute du régime des colonels en 1974.

Le chef de file du Pasok, Evangelos Venizelos, a reconnu que son parti avait payé le prix fort de la crise économique. Il a lancé un appel à un gouvernement d'unité nationale composé de formations soutenant le plan de renflouement qui a évité à la Grèce la faillite.

Pour des analystes, il est extrêmement improbable que les partis hostiles au plan d'aide, situés aux extrêmes de l'échiquier politique grec, joignent leurs forces même s'ils réussissaient à obtenir une majorité parlementaire.

Si les résultats officiels confirment les projections, la consultation de dimanche risque de replonger la Grèce dans le chaos politique et, par là, de relancer les turbulences dans la zone euro, voire d'amorcer un processus pouvant s'achever sur une sortie de l'euro.

Certains analystes pensent que l'extrême fragmentation du vote pourrait obliger les électeurs à revenir aux urnes.

Conservateurs et socialistes, qui dirigent alternativement le pays depuis des décennies, semblent payer leur soutien à la cure d'austérité draconienne suivie depuis début 2010 en échange d'une aide financière internationale.

Cette politique, présentée comme nécessaire pour éviter la faillite à la Grèce, s'est traduite par une profonde récession, une explosion du chômage, et des salaires et des retraites rabotés.

Avec Dina Kyriakidou, Ingrid Melander et Lefteris Papadimas, Jean-Loup Fiévet pour le service français

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