La coalition anti-EI inquiète pour la Libye

le , mis à jour à 19:00
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    * Les représentants des 23 pays de la coalition sont réunis 
à Rome 
    * L'avancée des djihadistes en Libye au centre des 
préoccupations 
 
 (Ajoute déclarations de Fabius et Hammond §9-14) 
    par Arshad Mohammed 
    ROME, 2 février (Reuters) - Un gouvernement d'union 
nationale est sur le point d'être formé en Libye mais 
l'organisation djihadiste Etat islamique menace le pays 
pétrolier d'Afrique du Nord et pourrait mettre la main sur ses 
ressources, a averti mardi le secrétaire d'Etat américain John 
Kerry.  
    Le chef de la diplomatie américaine s'exprimait à Rome, où 
se sont réunis les représentants de 23 pays engagés dans la 
lutte contre l'EI. De Barack Obama à Matteo Renzi en passant par 
Manuel Valls, les dirigeants de ces pays ont déclaré ces 
derniers temps que la Libye serait vraisemblablement le prochain 
lieu de l'affrontement contre le groupe d'Abou Bakr al Baghdadi. 
    Le mouvement djihadiste, qui a pris la ville de Syrte en 
profitant du vide du pouvoir, s'est déjà attaqué à plusieurs 
reprises aux installations pétrolières libyennes.   
    "En Libye, a souligné John Kerry, nous sommes sur le point 
d'avoir un gouvernement d'union nationale. Ce pays a des 
ressources. Ce que nous ne voulons pas, c'est qu'un prétendu 
califat accède à des milliards de dollars de revenus 
pétroliers." 
    Cinq ans après la chute de Mouammar Kadhafi, l'Onu a fait 
adopter un plan de transition politique censé aboutir à la 
formation d'un gouvernement d'unité nationale en lieu et place 
des deux administrations distinctes qui se disputent la 
légitimité du pouvoir. 
    Mais le parlement libyen reconnu par la communauté 
internationale a rejeté la semaine dernière la composition du 
gouvernement d'union proposé dans ce cadre.   
    Les nations de la coalition engagée contre l'EI en Irak et 
en Syrie depuis août et septembre 2014 envisagent aujourd'hui 
d'aller combattre les djihadistes en Libye, d'où partent des 
dizaines de milliers de candidats à l'exil en Europe, mais 
veulent une autorisation du futur gouvernement d'union. 
     
    "DAECH ÉTEND SES MÉTASTASES" 
    Le ministre français des Affaires étrangères a toutefois 
démenti tout projet d'intervention imminent de la France en 
Libye.  
    "Je vois des titres dans les journaux (...) disant 'les 
Français s'apprêtent à intervenir en Libye', c'est totalement 
inexact. Peut-être y a-t-il des groupes qui veulent faire 
pression en ce sens mais telle n'est pas la position du 
président de la République et du gouvernement dans son 
ensemble", a déclaré Laurent Fabius.  
    "Ce qui est vrai, c'est que nous sommes préoccupés comme 
tous par la situation en Libye, pour des raisons évidentes, à 
cause de la proximité géographique, à cause de l'extension de 
Daech, à cause des conséquences que vous évoquez, mais par 
rapport à ça, quelle est notre position? Pousser pour qu'il y 
ait un gouvernement d'union nationale et ça c'est le travail, 
avec notre soutien, (...) de l'envoyé spécial des Nations 
unies." 
    Son collègue du Foreign Office, Philip Hammond, a quant à 
lui écarté l'hypothèse de troupes au sol britanniques en Libye 
tout en laissant entendre que le Royaume-Uni pourrait offrir son 
aide au gouvernement d'union dans les domaines de la stratégie 
et du renseignement.  
    "Nous allons sans nul doute soutenir le nouveau gouvernement 
libyen de la manière la plus pratique que nous pouvons mais je 
n'envisage pas une situation où nous serions amenés à envoyer 
des troupes au sol", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il ne s'agirait 
pas forcément d'une "contribution utile". 
    "Il y a plein d'hommes armés en Libye", a poursuivi Philip 
Hammond. "Ce qu'il nous faut, c'est de l'organisation, du 
commandement, des renseignements recueillis par des moyens 
aériens, une organisation stratégique." 
    John Kerry a de son côté souligné qu'il faudrait du temps 
pour venir à bout de l'EI. 
    "Nous n'en sommes toujours pas à la victoire que nous 
voulons obtenir, et que nous obtiendrons, tant en Syrie qu'en 
Irak et nous avons vu Daech étendre ses métastases dans d'autres 
pays, en particulier la Libye", a-t-il reconnu. 
    Le secrétaire d'Etat a noté cependant que les nations de la 
coalition anti-EI avaient enregistré des succès notables depuis 
leur précédente réunion, en juin 2015.  
    "A l'époque de notre dernière réunion ministérielle, Ramadi 
(chef lieu de la province irakienne d'Anbar) venait de tomber et 
un récit particulièrement sombre et dangereux émergeait", a-t-il 
rappelé. Les forces irakiennes ont depuis repris la ville et, au 
total, l'EI a perdu 40% des territoires qu'il contrôlait en 
Irak, 20% en Syrie. 
 
 (avec Crispian Balmer à Rome et Phil Stewart à Washington, John 
Irish à Paris,; Jean-Philippe Lefief, Henri-Pierre André et 
Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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  • benoitdh le mardi 2 fév 2016 à 13:18

    Immobilisme et belles paroles! Si ça continue l'EI sera bientôt à Tunis avec nos rois du bla bla