La classe politique s'empare du suicide à Notre-Dame

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POLÉMIQUE APRÈS LE SUICIDE DE NOTRE-DAME
POLÉMIQUE APRÈS LE SUICIDE DE NOTRE-DAME

PARIS (Reuters) - Le spectaculaire suicide d'un idéologue d'extrême droite opposé au mariage pour tous alimente la polémique quelques jours avant le baroud d'honneur, dimanche, des adversaires à la loi ouvrant l'union et l'adoption aux couples de même sexe.

Dominique Venner, 78 ans, s'est tiré mardi une balle de pistolet automatique dans la bouche en plein jour devant l'autel de la cathédrale Notre-Dame de Paris, provoquant l'évacuation du monument, fréquenté par des centaines de fidèles et touristes.

Cet auteur de nombreux livres d'histoire et éditeur de plusieurs revues, figure de la pensée d'extrême droite, a donné lui-même à son geste une signification politique.

"Il faudra certainement des gestes nouveaux, spectaculaires et symboliques pour ébranler les somnolences, secouer les consciences anesthésiées et réveiller la mémoire de nos origines", a-t-il écrit dans un éditorial posté sur son blog mardi matin, quelques heures avant de se donner la mort.

"Nous entrons dans un temps où les paroles doivent être authentifiées par des actes."

Marine Le Pen, jusqu'alors plutôt en retrait dans le débat autour du mariage pour tous, n'a pas tardé à relayer le message politique de Dominique Venner.

"Tout notre respect à Dominique Venner dont le dernier geste, éminemment politique, aura été de tenter de réveiller le peuple de France", a écrit mardi la présidente du Front national sur son compte Twitter.

"Il n'en demeure pas moins que c'est dans la vie et l'espérance que la France se redressera et se sauvera", ajoutait Marine Le Pen.

"SURCHAUFFE"

Plus sobre, le député UMP Hervé Mariton, en pointe dans le camp des opposants au mariage homosexuel, a lui aussi esquissé mercredi une récupération politique.

"Je dis qu'un homme est mort et que je le respecte", a-t-il dit mercredi sur RMC et BFMTV. "Je ne partage pas la totalité de ces propos, il y a quelques points sur lesquels je peux m'accorder et d'autres sur lesquels je suis en désaccord."

Prudente dans un premier temps, la gauche est entrée mercredi dans l'arène par la voix de Jean-Christophe Cambadélis, qui a dit craindre des débordements lors de la manifestation, dimanche, des opposants au mariage pour tous.

Le député de Paris a rappelé au passage que le président de l'UMP, Jean-François Copé, avait appelé à défiler contre une loi désormais promulguée.

"Ce geste est politique", dit Jean-Christophe Cambadélis du suicide de Dominique Venner.

"Dans ce moment de surchauffe, à la veille de la manifestation du dimanche 26 mai, le message se veut un appel au sacrifice. Voilà qui va exciter un peu plus cette partie de la jeunesse qui se radicalise", ajoute-t-il dans un communiqué.

"Voilà l'UMP prévenue. Son appel à manifester alors que la loi est promulguée protège tous les débordements. Jean-François Copé ne peut ignorer les conditions dans lesquelles va se dérouler et surtout se terminer la manifestation dimanche. Car le geste se veut exemplaire."

L'UMP DIVISÉE SUR LE MARIAGE HOMOSEXUEL

L'UMP est loin d'être unie sur cette question du mariage homosexuel, certains appelant à calmer le jeu maintenant que la loi est votée tandis que d'autres continuent de jeter de l'huile sur le feu.

Guillaume Peltier, vice-président de l'UMP et animateur de son aile droite, a mis en lumière ces divisions en déclarant lundi sur RTL que l'opposition devrait abroger la loi si elle revenait au pouvoir.

Cet ancien membre du mouvement de jeunesse du Front national a ajouté qu'il était hostile à une candidature de Nathalie Kosciusko-Morizet aux municipales l'an prochain à Paris parce qu'elle s'était abstenue lors du vote de cette loi au Parlement.

Guillaume Peltier lui préfère Pierre-Yves Bournazel ou Jean-François Legaret, qui ont déclaré leur hostilité au "mariage pour tous".

Le député Franck Riester a aussitôt reproché à Guillaume Peltier de mélanger municipales et mariage pour tous et l'a accusé de mentir en disant que la droite abrogerait la loi.

La droite a du mal à parler d'une seul voix sur ce thème. Si Guillaume Peltier parle d'abrogation, Jean-François Copé, et l'ancien Premier ministre François Fillon préfèrent évoquer une "réécriture" du texte.

Patrick Vignal, édité par Yves Clarisse

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  • manx750 le mercredi 22 mai 2013 à 12:34

    M. Cambadelis, rencardé sans doute par son ami WALZ, annonce à l'avance, que des provocations sont organisées pour discrediter la manifestation du 26 mai. La police politique reste fidèle à ses habitudes et les cops en civil désignés doivent se prendre des tenues becebege à leurs mesures pour être prêt à castagner dimanche !

  • 66michel le mercredi 22 mai 2013 à 10:41

    Pour ce qui est de la loi, pas de problèmes, le FN la promulgera s'ils sont élus.

  • 66michel le mercredi 22 mai 2013 à 10:38

    en effet, @ggg34@, la loi n'est qu'un prétexte et les journalistes feignent de l'ignorer. Au-delà du fait de cette manifestation il y a sourtout une révolte montante contre la politique actuelle, et celà pourrait dégénérer vers une plus grande révolte. Surtout si en plus il y a quelques bémols avec les CRS.

  • ggg34 le mercredi 22 mai 2013 à 10:22

    "...avant le baroud d'honneur, dimanche, des adversaires à la loi...". Décidément les journalistes n'ont vraiment rien compris, ou sont toujours dans la désinformation de masse : ce n'est pas un baroud d'honneur, mais le début de la révolte. Même au Pérou on parle de la lame de fond qui a démarré! Et ils évoquent le début de la contre-Révolution !!!

  • M8603854 le mercredi 22 mai 2013 à 10:08

    L'UMP aussi est en plein suicide...