La City de Londres met en garde contre un "Brexit dur"

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LA CITY DE LONDRES EN RANG CONTRE UN "BREXIT DUR"
LA CITY DE LONDRES EN RANG CONTRE UN "BREXIT DUR"

par Andrew MacAskill et Anjuli Davies

LONDRES (Reuters) - Plusieurs représentants d'institutions financières de la City ont mis en garde contre le risque d'une relocalisation de leurs activités ailleurs en Europe dès le début de l'année prochaine s'ils n'obtiennent aucune garantie sur le maintien de leur accès au marché unique européen dans le cadre des négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Plusieurs représentants des implantations européennes de grandes banques internationales se sont aussi alarmés des conséquences pour l'économie britannique des positions prises par le gouvernement sur l'immigration.

James Bardrick, qui dirige les activités de la banque américaine Citi en Grande-Bretagne, dit que le principal dilemme pour l'industrie financière est de savoir à quel moment les plans d'urgence destinés à protéger ses intérêts et élaborés après le vote britannique en faveur du Brexit devront être déclenchés.

"Comment et à quel moment commençons nous à prendre des décisions... sachant que le plan est prêt à être lancé... cela pourrait être au premier trimestre 2017", a-t-il dit lors d'une conférence.

La première ministre britannique Theresa May a dit qu'elle enclencherait le processus des négociations sur le Brexit avant la fin mars 2017. Elle a surtout laissé entendre la semaine dernière qu'elle était favorable à un "Brexit dur" qui verrait Londres renoncer aux avantages de l'accès au marché unique européen pour regagner sa souveraineté en matière de politique migratoire.

L'avenir de la City, premier centre financier européen, sera l'un des points clés des négociations alors que les banques établies à Londres espèrent bien conserver l'accès au marché unique européen.

Rob Rooney, directeur général de Morgan Stanley International, a dit lui aussi que sa banque devrait déplacer une partie de ses activités et de ses effectifs si le Royaume-Uni renonçait à l'accès au marché unique.

CONTRE-CHOC CULTUREL

"En réalité, ce n'est pas très compliqué. Si nous sommes en dehors de l'Union européenne et que nous n'avons pas ce qui serait un engagement stable et de long terme concernant l'accès au marché unique, alors une grande partie de ce que nous faisons aujourd'hui à Londres, nous devrons le faire au sein de l'UE à 27."

Le ministre britannique chargé des Services financiers, Simon Kirby, a dit aux participants à cette conférence que l'obtention du meilleur accord possible pour la City sera "une priorité absolue".

Tim Roberts, directeur du cabinet de consultants Promontory Financial Group, a rappelé que la City était parvenue à rivaliser de nouveau avec New York en tant que grand centre financier international dans les années 80 grâce à sa culture d'ouverture et sa capacité à accueillir des talents venus du monde entier.

"Si nous perdons cela et si nous laissons non pas le Brexit en lui-même mais certains des sentiments qui se sont exprimés à l'échelle nationale et qui ont conduit au référendum miner cette culture alors je pense que cela portera préjudice au statut de Londres en tant que centre financier", a-t-il prévenu.

Le gouvernement a fait machine arrière après le tollé suscité par des déclarations de la ministre de l'Intérieur évoquant l'obligation pour les entreprises de communiquer la liste de leurs salariés non britanniques.

Le président des Lloyd's, le grand marché londonien de l'assurance, a critiqué la tonalité des propos de certains membres du gouvernement et mis en garde contre le risque de voir la Grande-Bretagne tourner le dos à la mondialisation pour la première fois depuis la seconde Guerre mondiale.

"Pour être bien clair, le monde nous regarde de très, très, très près actuellement", a dit John Nelson.

"Nous devons être très attentif à maintenir la Grande-Bretagne ouverte... et à nous assurer que nous sommes capables d'attirer les talents appropriés d'où qu'ils viennent. Si nous ne faisons pas cela, nous ne conserverons pas le secteur financier que nous avons aujourd'hui."

(Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)


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