La Cité du cinéma de Besson serait visée par la Cour des comptes

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LA CITÉ DU CINÉMA DE LUC BESSON SERAIT DANS LE VISEUR DE LA COUR DES COMPTES
LA CITÉ DU CINÉMA DE LUC BESSON SERAIT DANS LE VISEUR DE LA COUR DES COMPTES

PARIS (Reuters) - La Cour des comptes a transmis à la justice une note confidentielle dans laquelle elle évoque des soupçons de détournements de fonds publics qui auraient entaché le financement de la Cité du cinéma de Luc Besson, rapporte samedi Le Parisien-Aujourd'hui en France.

"Le financement public de la Cité du cinéma, décidé par quelques hauts responsables publics (...) a été effectué pour permettre l'aboutissement du projet qu'une société privée portait pour son bénéfice, le caractère général du projet restant à démontrer", selon la note publiée par le quotidien.

"Les conditions de financement de montage et de financement de l'opération (...) sont susceptibles de caractériser le délit de détournement de fonds publics et de recel de ce délit", peut-on lire.

Contacté par Reuters, le ministère de la Justice n'a souhaité faire aucun commentaire.

Inaugurée en septembre 2012, la Cité du cinéma est un gigantesque complexe dédié au septième art en Seine-Saint-Denis dont l'ambition affichée lors de son lancement était de permettre à la France de rivaliser avec les grands studios de ses voisins européens.

Implanté sur le site d'une ancienne centrale électrique à Saint-Denis, l'ensemble de 62.000 mètres carrés rassemble neuf studios de tournage, des ateliers de fabrication de décor, des bureaux, une salle de projection et une école de cinéma.

Ce petit Hollywood avec vue sur Seine a nécessité quelque 170 millions d'euros d'investissements et l'implication des pouvoirs publics par le biais de la Caisse des dépôts.

Dans sa note, la Cour des comptes évoque l'insistance de l'Elysée, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, à voir le projet aboutir.

"La proximité de M. Besson et de certains de ses collaborateurs avec les plus hautes autorités de l'État a pu favoriser une intervention concertée des acteurs publics", souligne l'institution.

Parmi ces collaborateurs figure le directeur général de la société de Luc Besson, Europacorp, Christophe Lambert, qui a "travaillé auprès de Nicolas Sarkozy pendant la campagne de 2007", écrit-elle.

Interrogé par Le Parisien-Aujourd'hui en France, Augustin de Romanet, qui dirigeait la Caisse des dépôts de 2007 à 2012, dit "assume(r) à 100%" un "projet d'intérêt général" qui permettait "de développer un territoire comme la Seine-Saint-Denis".

Marine Pennetier

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