La cigarette électronique prend de l'ampleur

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Un demi-million de Français auraient succombé au charme de cette cigarette sans tabac, vendue aussi bien en pharmacie que chez les buralistes. Les fabricants se montrent optimistes pour l'avenir.

La France compte de plus en plus de «vapoteurs» ou utilisateurs de e-cigarette. C'est en tout cas ce qu'affirment les principaux fabricants de l'Hexagone. D'après eux, près d'un million de Français aurait déjà testé la cigarette électronique qui ne contient pas de tabac. Ils seraient même 500.000 à l'utiliser quotidiennement. Le succès de l'objet trouve ses racines dans son apparence. La e-cigarette ressemble comme deux gouttes d'eau à une cigarette classique: d'un côté, une partie blanche et de l'autre, un filtre orange. A une extrémité, une diode simule visuellement la combustion. De l'autre, une vapeur est propulsée au moment de l'aspiration et inhalée par l'utilisateur.Cette «fumée» provient d'un liquide parfumé d'arômes alimentaires, parfois de glycérol et de nicotine.

Le principal argument de vente est financier: «Les clients sont des fumeurs qui veulent fumer sainement et économiquement. Ils se tournent vers la e-cigarette en raison de la hausse régulière du prix du paquet classique. Une e-cigarette est vendue entre 9 et 11 euros et correspond à l'équivalent en consommation de deux paquets et demi. A titre de comparaison un paquet traditionnel de 20 unités coûte un peu plus de 6 euros aujourd'hui», affirme une porte-parole de Cigartex,l'un des premiers fabricants à s'être lancé en France. Le marché connaît d'ailleurs un véritable boom depuis 2010, année durant laquelle le prix du paquet de cigarette a augmenté de 6%. La nouvelle hausse des prix prévue en octobre devrait à ce titre encore jouer en faveur du secteur.

La e-cigarette séduit également les fumeurs qui veulent arrêter le tabac. Elle apporte la gestuelle à ceux qui ne peuvent se contenter des patchs ou des gommes à mâcher. D'après les fabricants, la e-cigarette présente aussi l'avantage d'être utilisable partout, même dans les lieux publics et ne prive pas le fumeur de «ses habitudes sociales», selon Cigartex.

Statut flou

EdSylver, l'un des leaders du marché français, a vu son chiffre d'affaire bondir à quatre millions d'euros l'an dernier. Cigartex a pour sa part doublé ses revenus sur un an en 2011. Les marges les plus importantes ne sont pas réalisées sur la fabrication des cigarettes, confiée le plus souvent à la Chine, mais sur la vente de liquide aromatisé pour recharger les cartouches. Cette activité devrait dépasser les ventes de cigarettes électroniques «d'ici peu», assure Cigarelec, un autre fabricant, dans les colonnes des Echos .

Ce marché en plein développement est renforcé par un large réseau de distribution, résultat d'un flou entourant le statut du produit. La cigarette électronique se vend sur Internet, dans certaines boutiques spécialisées mais aussi chez les buralistes comme simple produit de consommation courante. Mais on la retrouve aussi dans les pharmacies aux côtés d'autres produits permettant d'accompagner l'arrêt du tabac, malgré la recommandation de l'Afssaps qui conseille de ne pas disposer d'e-cigarette dans les rayons. «Il n'existe aucune loi qui interdit la vente en pharmacie. Mais il faut rappeler que la cigarette électronique n'est pas un médicament et qu'elle n'a pas vocation à permettre le sevrage tabagique», précise Cigartex. Le secteur profite enfin d'un coup de pouce marketing inattendu: celui de nombreuses stars de cinéma, de Leonardo DiCaprio à Johnny Depp en passant par Robert Pattinson, qui se sont affichées récemment e-cigarette à la bouche.

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