La CIA accusée d'avoir menti sur son programme anti-Al Qaïda

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WASHINGTON, 9 décembre (Reuters) - Les techniques d'"interrogatoires poussés" mises en place par la CIA après les attentats du 11 septembre 2001 ont été bien plus brutales que l'agence centrale du renseignement ne l'a admis et, contrairement à ses affirmations, n'ont pas permis d'obtenir des renseignements de nature à déjouer des menaces, selon un rapport de la commission sénatoriale du Renseignement diffusé mardi. Le rapport, rendu public par les membres démocrates de la commission, accuse la CIA d'avoir trompé les décideurs politiques de même que l'opinion sur l'efficacité de même que sur les méthodes employées. Ce document, dont l'élaboration a demandé plusieurs années, retrace l'histoire du programme "Rendition, Detention and Interrogation" ("Extradition, détention et interrogatoires") de la CIA, autorisé par George W. Bush après le 11-Septembre. La CIA, poursuit le rapport, n'aurait jamais informé pleinement le prédécesseur de Barack Obama des techniques d'interrogatoire utilisées dans ses installations et prisons secrètes. De même, l'agence de Langley aurait menti en affirmant qu'Oussama ben Laden avait été en partie localisé au Pakistan grâce à des informations recueillies dans le cadre de ce programme. Au contraire, dans bien des cas, ces interrogatoires poussés ont produit de faux renseignements, affirme le rapport qui cite notamment une information erronée au sujet d'une prétendue campagne de recrutement menée par Al Qaïda auprès de la communauté afro-américaine. (David Storey; Henri-Pierre André pour le service français)

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