La chute du pétrole complique le plan de cessions d'actifs d'Eni

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* Eni a pour objectif de céder E11 mds d'actifs d'ici 2017 * Ces cessions compenseraient l'impact de la chute du pétrole * La baisse des cours complique les ventes au Mozambique -sources * Elle complique aussi la cession de sa participation dans Saipem par Stephen Jewkes et Oleg Vukmanovic MILAN, 4 décembre (Reuters) - Les projets de cession d'actifs du groupe pétrolier italien Eni ENI.MI , destinés à contribuer au financement de son activité d'exploration et au paiement de dividendes, sont freinés pas la chute des cours du pétrole et du gaz, selon des sources. Le groupe public a déjà cédé cinq milliards d'euros d'actifs pour financer ses activités plus rentables d'exploration et de production de pétrole et de gaz, tout en réduisant drastiquement la taille de ses opérations de raffinage en difficulté. Son administrateur délégué Claudio Descalzi doit encore lever six milliards d'euros dans le cadre de son programme de cession de 11 milliards d'euros d'actifs jusqu'en 2017. Le groupe compte sur la vente de participations minoritaires dans ses gisements de gaz au Mozambique et d'actifs non stratégiques comme ses 43% du groupe de services pétroliers Saipem SPMI.MI . Mais avec un baril de brut qui a perdu plus d'un tiers de sa valeur et des prix du gaz qui ont été divisés par deux, il est devenu plus difficile de trouver des acheteurs à un bon prix. Selon une source bien informée, Eni a pris du temps pour se rendre compte que les acheteurs de gaz naturel liquéfié (GNL> n'acceptaient plus de payer les prix élevés rattachés aux cours du pétrole, comme c'était le cas avant la chute du baril. Les investisseurs hésitent aussi à prendre le risque d'acquérir des parts dans le projet d'exportation de GNL du Mozambique du groupe italien, qui affiche l'un des meilleurs taux de découverte de pétrole et de gaz de son secteur. Le titre Eni a chuté de 17,5% depuis que Claudio Descalzi a fait le point sur sa stratégie le 31 juillet, sous-performant l'indice européen de l'énergie .SXEP qui a perdu 14,7% sur la même période, en dépit d'un programme de rachat d'actions qui a démarré en début d'année. Cette mauvaise performance fait du dividende le seul attrait du titre pour les investisseurs alors que le maintien d'un taux de distribution supérieur à celui de ses concurrents pourrait être mis à mal si le groupe peine à vendre ses actifs. Eni, qui tire environ la moitié de sa production sur des opérations africaines à haut risque, estime que chaque baisse d'un dollar du baril de Brent lui coûte 100 millions d'euros en flux de trésorerie. Par ailleurs, la chute du pétrole incite les compagnies pétrolières à réduire leurs dépenses d'exploration et de production, ce qui affecte les carnets de commandes des groupes de services pétroliers. Cette récente évolution complique les tentatives d'Eni pour vendre sa participation dans Saipem, qui pourrait perdre 1,25 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2015 si l'abandon du projet de gazoduc South Stream est confirmé. ID:nL6N0TN0PQ La cession de Saipem dégagerait environ deux milliards d'euros et réduirait l'endettement d'Eni de cinq milliards. Mais une source proche du dossier note que la faiblesse du titre Saipem pose des problèmes: l'action ne vaut plus qu'un tiers de sa valeur de 2013, plombée par deux avertissements sur les résultats, un endettement lourd et une série de revers, dont South Stream qui devait relier la Russie à l'Europe du Sud en contournant le territoire ukrainien. (Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison)


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