La chute des crédits immobiliers s'est ralentie

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La production de crédits immobiliers a de nouveau baissé au premier trimestre, mais à rythme moins soutenu que les mois précédents. Profitant des taux exceptionnellement bas, les emprunteurs s'endettent davantage qu'il y a un an.

Toujours plus bas! En ce mois d'avril, les particuliers s'endettent à 3,02% en moyenne (hors assurance, contre 3,07% en mars et 3,97% en février 2012) pour acheter un logement, selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA. Les taux des prêts sur 15 ans oscillent aujourd'hui entre 2,67% et 3,28%, et ceux sur 20 ans entre 2,87% et 3,61%, selon les banques et le profil des emprunteurs (profession, épargne, âge...). Malgré ces excellentes et historiques conditions de financement, la production de crédits a encore baissé de 18,8% sur un an. Mais de «seulement 8,7 % par rapport au quatrième trimestre 2012», relativise l'étude. «On est globalement sur un marché dont le rythme de recul est en train de se ralentir fortement. Sur le premier trimestre 2013, après trois trimestres de quasi stabilisation, le niveau annuel de la production est en train de remonter», estime Michel Mouillart, professeur à l'Université Paris Ouest et coréalisateur de l'étude.

Les ménages qui le peuvent profitent des taux exceptionnellement bas pour s'endetter davantage qu'il y a un an. Le taux d'endettement des emprunteurs a ainsi augmenté de 5,1% au premier trimestre (par rapport à la même époque de 2012). Dans la foulée, le montant de l'apport personnel a fondu (représentant en moyenne 23,6% du prix de l'opération en mars, en baisse de 6,7%). «Cela s'explique par le blocage du marché de la revente des logements et par le faible niveau des taux qui incite à une économie d'apport personnel», explique l'économiste Michel Mouillart, auteur de l'étude. La durée d'emprunt s'est elle aussi sensiblement réduite (17 ans, soit 104 mois).

Les plus jeunes et les plus modestes pénalisés par la réforme du PTZ +

«Ce sont les 35/45 ans qui bénéficient de la transformation du marché en cours», estime Michel Mouillart. En revanche, les plus jeunes et les plus modestes ont été écartés du marché immobilier par les différentes réformes du prêt à taux zéro (PTZ +). Le nouveau PTZ + plus exigeant, entré en vigueur le 1er janvier, a provoqué «une chute brutale de la part des clientèles les plus jeunes sur le marché du neuf», constate l'étude. La proportion de jeunes de moins 35 ans achetant un logement neuf est ainsi passé de 52,5% en 2012 à 45,3% cette année. La donne ne devrait pas changer dans les mois à venir. «Environ 55.000 prêts à taux zéro dans le neuf devraient accordés cette année, contre 78.000 à 79.000 en 2012», prévoit Michel Mouillart.

Le reste du marché devrait un peu mieux résister. Dans les mois à venir, «nous attendons une relative stabilisation du marché, grâce notamment aux conditions de crédit. L'année 2013 sera une année de très bonnes conditions de crédit, que l'on a jamais vues auparavant», prédit Michel Mouillart.

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