La chute des biotechs pourrait favoriser les fusions-acquisitions

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par Lewis Krauskopf

NEW YORK (Reuters) - La forte baisse subie en début d'année par les valeurs biotechnologiques pourrait favoriser les fusions-acquisitions (M&A) avec des primes susceptibles d'atteindre 50%, voire 100% par rapport à des cours de Bourse déprimés, estime Andy Acker, gérant de Janus Capital Group, un investisseur très présent dans le secteur.

L'indice des biotechs du Nasdaq a perdu 23% sur les trois premiers mois de l'année, sa plus mauvaise performance trimestrielle depuis 2002, et accuse encore un repli d'un tiers par rapport au plus haut historique inscrit en juillet dernier.

Cette baisse s'explique en partie par la remise en cause des pratiques de tarification en vigueur aux Etats-Unis et par les revers subis par plusieurs médicaments expérimentaux.

Pour Andy Acker, co-gérant d'un portefeuille de sept milliards de dollars (6,1 milliards d'euros) investi dans le secteur de la santé, ce mouvement s'est traduit par une importante décote du secteur alors même que la période connaît d'importantes innovations dans le traitement du cancer, des maladies cardiaques ou d'autres affections touchant des millions de personnes.

Dans ce contexte, les grands acteurs du marché de la pharmacie et les sociétés de biotechnologies semblent prêts à relancer les opérations de M&A, ajoute-t-il.

"Les acheteurs commencent à être intéressés", a-t-il dit dans un entretien à Reuters cette semaine.

La semaine dernière, AbbVie a annoncé le rachat de Stemcentrx pour 5,8 milliards de dollars et Sanofi a confirmé avoir soumis une offre de 9,3 milliards de dollars à Medivation, rejetée à l'unanimité par le conseil d'administration de ce dernier.

Reuters a rapporté mardi, en citant des sources proches du dossier, que Pfizer avait approché Medivation pour exprimer son intérêt pour une éventuelle acquisition.

L'ÉCHEC DE PFIZER-ALLERGAN, FACTEUR FAVORABLE

Janus était le 10e actionnaire de Medivation fin 2015 selon les données Thomson Reuters et Andy Acker a déclaré que la société pourrait intéresser de multiples acquéreurs potentiels.

Le rejet par les autorités américaines du projet de rachat d'Allergan par Pfizer avait déjà ravivé les spéculations sur l'intérêt de ces deux groupes pour des acquisitions de taille moins importante.

Allergan pourrait disposer de quelque 40 milliards de dollars de liquidités après la vente de ses activités de médicaments de génériques à Teva, qui doit encore obtenir le feu vert des Etats-Unis.

Pour Andy Acker, parmi les cibles potentielles d'Allergan figure Ironwood Pharmaceuticals, déjà partenaire d'Allergan dans le traitement du syndrome du côlon irritable. Il a également cité le nom d'Anacor Pharmaceuticals.

A la fin de l'an dernier, Janus était le troisième actionnaire d'Ironwood et le neuvième actionnaire d'Anacor. Le gestionnaire d'actifs est aussi présent au tour de table d'Allergan.

Andy Acker est co-gérant du fonds Janus Global Life Sciences, qui a enregistré un rendement de 19,35% en moyenne sur les cinq dernières années, battant ainsi 90% de ses pairs selon les données Morningstar.

Pour Andy Acker, de nouvelles opérations pourraient être longues à aboutir, les vendeurs risquant d'être réticents à accepter une offre basée sur des cours affectés par la baisse du début d'année. Mais certains rachats pourraient selon lui se conclure à des prix supérieurs de 50% à 100% aux plus bas touchés récemment.

Il ajoute néanmoins que l'approche de l'élection présidentielle américaine risque de freiner le mouvement si le marché craint de voir le prochain locataire de la Maison blanche prendre des mesures pour encadrer les prix des médicaments.

"Il y aura une certaine incertitude autour de l'élection", a-t-il dit.

(Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)

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