La chute de la Bourse chinoise déclenche une clôture prématurée

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    * Le coupe-circuit a interrompu la séance 
    * L'indice CSI300 perdait alors 7% 
    * De mauvais indicateurs et la fin prochaine d'un "lock-up" 
ont pesé 
    * Entré en vigueur lundi, le coupe-circuit jugé néfaste par 
certains 
 
 (Actualisé avec précisions, commentaire et contexte) 
    par Pete Sweeney et Samuel Shen 
    SHANGHAI, 4 janvier (Reuters) - Les actions chinoises ont 
subi lundi une chute qui a activé le tout nouveau 
"coupe-circuit" créé après le krach de l'été, interrompant pour 
la première fois les transactions et suscitant des 
interrogations sur la capacité des autorités à assurer la 
stabilité des marchés.  
    Les pertes se sont accélérées au cours de l'après-midi et 
les transactions ont été définitivement arrêtées vers 5h30 GMT, 
soit une heure et demie environ avant l'heure habituelle de 
clôture.  L'indice CSI300  .CSI300  des principales grandes 
valeurs cotées à Shanghai et à Shenzhen perdait alors 6,98%, sa 
plus lourde perte en pourcentage depuis la fin août.  
    Cette chute est intervenue après la publication de l'indice 
Caixin-Markit des directeurs d'achat du secteur manufacturier 
chinois, qui traduit un dixième mois consécutif de recul de 
l'activité du secteur en décembre, et à un rythme plus marqué 
qu'en novembre.   
    Mais au-delà des inquiétudes liées au ralentissement 
économique, elle ravive les doutes sur la capacité réelle des 
autorités de régulation boursière à lever les importantes 
mesures de restriction des transactions mises en oeuvre pendant 
le krach de l'été, qui a fait perdre jusqu'à 40% aux grands 
indices chinois.  
    De nombreux analystes expliquent en effet la chute de lundi 
par l'expiration prochaine de l'interdiction pour six mois des 
ventes de titres imposée aux grands actionnaires institutionnels 
des sociétés cotées. 
    "La chute a visiblement déclenché une intensification des 
ventes et le déclenchement du coupe-circuit semble avoir 
accentué le mouvement de panique, la liquidité ayant subitement 
disparu; c'est quelque chose que personne n'avait vécu jusqu'à 
présent", a commenté Gu Yongtao, responsable de la stratégie de 
Cinda Securities.  
    Les analystes d'Haitong Securities avaient auparavant estimé 
que jusqu'à 1.240 milliards de yuans d'actions (174 milliards 
d'euros) d'actions seraient de nouveau susceptibles d'être 
vendues avec la levée des restrictions prévue lundi prochain, si 
la mesure de "lock-up" n'est pas prolongée. 
     
    UN COUPE-CIRCUIT CONTRE-PRODUCTIF ? 
    La réaction des autorités au krach estival a été perçue par 
de nombreux observateurs comme exagérément autoritaire. Aux 
mesures très strictes d'encadrement des transactions se sont en 
effet ajoutés les interrogatoires de certains dirigeants de 
sociétés de Bourse sur des soupçons de délits d'initiés et de 
"vente à découvert malintentionnées".  
    Si ces mesures ont contribué à la stabilisation des cours et 
à un rebond de 25% ces derniers mois, elles ont aussi eu pour 
effet de réduire fortement les volumes et de décourager une 
partie des investisseurs étrangers, qui ont réduit leur 
exposition aux actions chinoises. 
    Les autorités ont néanmoins laissé entendre ces dernières 
semaines qu'elles avaient confiance dans la stabilisation du 
marché, permettant notamment la reprise des introductions en 
Bourse en novembre alors que l'abondance de celles-ci avait été 
présentée comme l'une des causes du krach. 
    Le mécanisme de coupe-circuit, qui interrompt les 
transactions pendant un quart d'heure lorsque le CSI300 gagne ou 
perd 5% sur la séance puis interrompt la séance pour la journée 
si la hausse ou la baisse atteint 7%, entrait en vigueur lundi 
et a donc été immédiatement mis à l'épreuve. 
    Une mesure d'encadrement s'appliquait déjà lorsque le cours 
d'un titre particulier variait de 10% en séance, à la hausse ou 
à la baisse. La journée de lundi conduit toutefois certains 
analystes à douter de l'efficacité de la nouvelle mesure.  
    "Sans le mécanisme de coupe-circuit, le marché n'aurait pas 
baissé autant", a déclaré David Dai, de Nanhai Fund Management à 
Shanghai. "Ce mécanisme a amplifié la panique des investisseurs 
et limité les transactions." 
    Pour lui, le coupe-circuit aura pour effet d'encourager ceux 
qui jouent le marché à la baisse, qui n'auront plus à craindre 
un rebond de fin de séance. "Ce mécanisme doit être abandonné ou 
au moins modifié", a-t-il dit.  
    Mais revenir sur cette mesure pourrait nuire à la confiance 
dans la Commission de contrôle boursier chinoise (CSRC) et plus 
largement dans le cadre réglementaire des marchés financiers. 
Une telle décision pourrait fournir un argument supplémentaire 
aux partisans de la création d'un "super-régulateur" financier 
ayant autorité sur la CSRC et sur les autres autorités 
financières chinoises.  
 
 (Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 

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