La chute de FagorBrandt menace un site repris à Lyon

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LYON (Reuters) - Le dépôt de bilan du groupe FagorBrandt met en péril une entreprise de 409 salariés qui avait misé sur la reconversion industrielle du site lyonnais du fabricant d'électroménager.

Racheté en 2011 par l'industriel Pierre Millet, le site FagorBrandt de Lyon se réoriente depuis deux ans vers la production de véhicules électriques et de pompes à eau high-tech tout en réduisant progressivement jusqu'en 2015 la fabrication de lave-linge pour le compte de Fagor.

Le dépôt de bilan du groupe Fagor intervenu le 7 novembre dernier a vidé le carnet de commande d'électroménager qui représentait encore près des deux tiers de l'activité de la nouvelle entreprise nommée SITL (Société d'Innovation et de Technologie de Lyon). La majorité de ses salariés se retrouvent en chômage partiel depuis plus d'un mois.

Le PDG de SITL a interpellé mardi une nouvelle fois le gouvernement, s'étonnant que Fagor bénéficie de soutiens publics et non STIL.

"L'Etat soutient massivement l'entreprise FagorBrandt dans le secteur de l'électroménager qui n'est pas vraiment porteur d'avenir, alors que SITL, entreprise innovante et porteuse d'avenir ne semble pas faire partie des préoccupations de celui-ci", regrette Pierrre Millet.

L'AIDE DE L'ÉTAT DEMANDÉE

Il a demandé au ministère d'Arnaud Montebourg une aide de 4 millions d'euros destiné à passer ce cap difficile.

"SITL a sollicité l'Etat pour tenter de sauvegarder tout ou partie des 409 salariés en soutenant l'entreprise sur une courte période, mais nous sommes sans aucune réponse de leur part à l'heure actuelle", dit le PDG, qui envisage le redressement judiciaire et des licenciements s'il n'obtient pas de garanties d'ici la fin de semaine.

Le PDG de SITL a par ailleurs assigné mardi le groupe FagorBrandt en justice en lui demandant une centaine de millions d'euros à titre de compensation des contrats rompus et du manque à gagner pour son entreprise.

"FagorBrandt n'a pas respecté ce contrat qui permettait de nous reconvertir progressivement, nous n'avons plus aucune commande de leur part alors que cette activité occupait encore 250 de mes salariés", a-t-il expliqué.

Pour tenter de se faire entendre, les salariés de l'entreprise, accompagnés de leur directeur général, ont également pris l'initiative mardi de manifester à Lyon de Gerland, le quartier de SITL, jusqu'à la Confluence, où est installé le siège du Conseil régional Rhône-Alpes.

Arnaud Montebourg a annoncé le 25 novembre que FagorBrandt allait pouvoir reprendre une activité partielle après avoir obtenu un geste de ses banques qui sera complété par un prêt de 10 millions d'euros du Fonds pour le développement économique et social (FDES).

Ces crédits, dont le remboursement est prévu en plusieurs échéances d'ici mars prochain, devraient permettre un redémarrage partiel de l'activité à l'usine d'Orléans, le plus important des quatre sites du groupe.

Spécialisée dans les appareils de cuisson, elle emploie 550 des 1.850 employés de FagorBrandt en France.

Catherine Lagrange, édité par Yves Clarisse

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