La Chine veut servir son café dans les tasses du monde entier

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INFOGRAPHIE - Le pays, qui produit de l'arabica, ambitionne de devenir un acteur de premier plan, aux côtés des principaux producteurs d'Amérique Latine. Mais le chemin à parcourir est encore long.

Des plateaux verts et des arbres à thé à perte de vue: cette image de la Chine, premier producteur mondial de thé, est connue de tous. Mais il y en a une autre que le pays souhaite désormais mettre en avant: celle de ses champs parsemés de caféiers. Pékin affiche clairement son souhait de devenir l'un des principaux producteurs mondiaux d'arabica, le café le plus consommé au monde.

L'arabica chinois pousse principalement dans le Yunnan, là où sont justement plantés les meilleurs arbres à thé du pays. Le grain, originaire du Yemen, a été introduit dans cette région du sud-ouest par un missionnaire français à la fin du 19e siècle. Mais la culture des caféiers y est restée confidentielle, faute de débouchés. Jusqu'à ce que le gouvernement décide de lui donner un coup d'accélérateur, à la fin des années 1980. La production chinoise est passée de 104.000 sacs de 60 kilos en 1998 à environ 1,5 million aujourd'hui, à peu près autant que le Costa Rica.

La hausse des cours du café enregistrée ces dernières années a convaincu de nombreux agriculteurs de se lancer dans cette culture moins contraignante et plus rentable. À cela s'ajoute l'engouement croissant des Chinois pour cette boisson jusqu'ici ignorée. La consommation locale est passée d'environ 199.000 sacs en 1998 à 1,1 million en 2012, selon l'Organisation internationale du café (ICO). La consommation nationale, qui augmente de 12,8% annuellement, pourrait atteindre 2,8 millions de sacs d'ici 2020. Autre source de motivation: la demande mondiale toujours croissante. Le marché est d'ailleurs en déficit de 8,9 millions de sac de 60 kg sur la campagne 2014/2015.

La Chine estime avoir une place à se faire aux côtés des deux géants de l'arabica: le Brésil et la Colombie. Avec respectivement, 51,2 millions et 12,5 millions de sacs, ces deux pays contrôlent à eux seuls plus de 50% de la production mondiale. Le Vietnam domine pour sa part la production de robusta (29,3 millions de sacs), un grain à l'arôme moins développé.

Pour atteindre ses objectifs, la Chine va doubler sa production mondiale dans les cinq années à venir, selon un responsable du trader suisse Volcafé, très actif dans le café chinois. Ce dernier va d'ailleurs s'associer à Simao Arabicasm Coffee (SACCO) pour créer une co-entreprise chargée d'améliorer la qualité du café du Yunnan et doper sa commercialisation. Pékin compte aussi sur l'appui de multinationales, comme Nestlé, présent dans l'industrie caféière chinoise depuis plus de vingt ans.

Selon de nombreux spécialistes, l'arabica chinois a cependant un long chemin à parcourir avant d'atteindre la qualité de celui d'Amérique latine et s'installer massivement dans les tasses du monde entier. «L'arabica chinois est relativement nouveau sur la scène du café mondial, mais l'amélioration de sa qualité fait qu'il est de mieux en mieux accepté par les torréfacteurs», assure Volcafé. «Les nouvelles origines mettent des années à se faire une place, rappelle ce dernier. Notre but est de faire connaître les efforts de la Chine pour passer de producteur local à fournisseur mondial».

Dans le Yunnan, certains paysans visent déjà les sommets en produisant du Kopi Luwak, le café le plus cher du monde. Sa particularité: il est produit à partir de grains ayant transité dans l'estomac d'une civette, un animal aux allures de fouine. Son prix au kilo varie entre 500 et 750 euros.....

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