La Chine veut exporter son savoir-faire nucléaire

le
0
Le nucléaire et l'énergie durable sont dans les petits papiers de Pékin
Le nucléaire et l'énergie durable sont dans les petits papiers de Pékin
L'Empire du Milieu pourrait construire cinq réacteurs atomiques en Grande-Bretagne. Le début d'une longue série ?

Confrontées à une hausse de la demande énergétique particulièrement importante, les autorités chinoises ne sacrifient aucune source. Pierre angulaire du bouquet national depuis des décennies, le charbon jouera encore un rôle prépondérant durant de longues années. L'éolien aussi, l'Empire du Milieu étant du reste déjà, et de très loin, le leader mondial en termes de production. L'énergie solaire, elle, est encore marginale, au contraire de son homologue hydraulique, mais comptons sur Pékin pour allouer d'importants moyens financiers à son expansion.

Outre le développement de l'énergie durable, dont il semble avoir compris le potentiel économique, et sa volonté beaucoup plus sujette à caution de ménager les intérêts des lobbies des technologies fossiles, le gouvernement chinois entend également dérouler le tapis rouge au nucléaire. Pour dramatique qu'il fut et malgré des répercussions qui le sont au moins autant, sinon plus, l'accident de Fukushima ne l'a pas fait changer d'avis. Comme Brasilia, Londres et Washington, et contrairement à Berlin et à Berne, Pékin compte même beaucoup sur l'atome pour résoudre l'équation énergétique, qui ne gagnera certes pas en simplicité avec le temps.

Quid des réacteurs made in China en termes de sécurité et de protection de l'environnement ?

Basée sur la préférence nationale en matière d'équipements de sécurité, sa stratégie inquiète les États-Unis, qui craignent une « standardisation » purement idéologique négligeant la protection de l'environnement et des populations. Insatiable, la Chine veut aussi diffuser sa « science nucléaire » à l'étranger.

En témoigne les quarante-cinq milliards d'euros que la CNNC (China National Nuclear Corporation) et une autre entreprise publique, la China Guangdong Nuclear Power Corporation, projettent de débourser dans la construction de cinq réacteurs atomiques outre-Manche. Toutes deux « pourraient dans un premier temps déposer des propositions concurrentes pour participer au projet Horizon, l'un des plus importants projets dans le domaine nucléaire en Grande-Bretagne », précisent nos confrères du Monde, qui font également état d'une rencontre la semaine dernière entre de hauts responsables britanniques et une délégation de l'Institut de recherche et de conception en ingénierie nucléaire de Shangaï, filiale de la CNNC.

« Les Chinois considèrent une implantation en Grande-Bretagne comme une opportunité de montrer qu'ils sont capables d'être un acteur dans l'un des environnements réglementaires les plus difficiles au monde afin de pouvoir ensuite aller sur d'autres marchés en Afrique et au Moyen-Orient », ajoute par ailleurs une source citée par le Guardian. Le marché britannique, sur lequel lorgne également EDF, pourrait donc leur servir de « tremplin ».

Actuellement dominée par Areva, la hiérarchie nucléaire sera-t-elle bouleversée dans les années à venir ? Le leader mondial de l'énergie atomique va en tout cas devoir faire face à une concurrence renforcée. Et redoutable.
Lire la suite
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant