La Chine ne recule devant rien pour faciliter l'achat immobilier

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La Chine réduit à nouveau les taxes sur les transactions immobilières pour relancer un marché complètement saturé, en partie responsable de l’essouflement de la croissance chinoise.

C’est le moment d’acheter. La Chine va réduire les taxes sur les achats de logements dans la plupart des villes, a annoncé vendredi le gouvernement, pour tenter de relancer le marché immobilier, saturé par une surabondance de l’offre après des années de surchauffe de la construction. C’est la deuxième fois en moins d’un mois que les autorités chinoises adoptent des mesures pour raviver ce secteur crucial et très fragilisé. Après un geste conciliant sur les conditions des prêts immobiliers, Pékin assouplit désormais la fiscalité.

Pour les personnes réalisant un premier achat, la taxe sur l’établissement des titres de propriété tombera à 1,5% dès lundi pour un logement de plus de 90 m2, contre 2% auparavant, dans toutes les villes chinoises, a indiqué le ministère des Finances. En-dehors des super-métropoles que sont Pékin, Shanghai, Canton et Shenzhen, la taxe professionnelle sera supprimée pour la vente d’un logement intervenant au moins deux ans après l’achat, ajoutait-il. Et les taxes sur l’acquisition d’une résidence secondaire dans ces mêmes villes sont également réduites.

Début février, la banque centrale chinoise (PBOC) avait de son côté abaissé grandement le niveau de l’apport exigé pour obtenir un prêt immobilier en vue de l’achat d’un premier logement. Le dépôt minimal pour obtenir ce prêt avait été ainsi ramené à 20%, contre 25% auparavant. Pour une résidence secondaire, le taux est tombé à 30%, contre 40% précédemment.

Surabondance d’appartements vides et/ou invendus

Le secteur a bien besoin de ces coups de pouce répétés: certes, les prix moyens de l’immobilier neuf dans les 100 plus importantes villes chinoises ont progressé de 0,42% en janvier par rapport à décembre. Mais l’augmentation, qui camoufle de forts contrastes géographiques, reste modeste et bien moins importante que celle du mois précédent (+0,74%). Et le tableau reste sombre: les promoteurs sont lourdement endettés, les investissements immobiliers stagnent, et surtout, c’est le problème principal, le marché reste saturé par une surabondance d’appartements vides ou invendus, fruit de plusieurs années de surchauffe et de frénésie de construction sur fond de flambée des prix.

Depuis deux ans, la bulle s’est violemment dégonflée, la demande ne parvenant plus à absorber l’offre colossale de logements neufs, et ces stocks pléthoriques continuent de plomber les prix... ce qui inquiète et dissuade acheteurs et investisseurs. Ce refroidissement prolongé du secteur immobilier et de la construction - un pilier traditionnel de la croissance du pays - contribue à l’essoufflement de l’économie chinoise dans son ensemble, qui a connu l’an dernier sa plus faible croissance depuis 25 ans.

«Le processus de déstockage (des réserves de logements neufs accumulées)» et le contrecoup de la stagnation des chantiers de construction pour les entreprises minières et sidérurgiques «estompent les effets des mesures de relance», et cela continuera à plomber la croissance du PIB chinois, a prévenu Wang Tao, analyste chez UBS.

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