La Chine n'aura jamais recours "inconsidéré" à la force en mer

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par Ben Blanchard PEKIN, 17 octobre (Reuters) - La Chine n'aura jamais recours à la force "de manière inconsidérée" en mer de Chine méridionale, a déclaré samedi l'un de ses principaux responsables militaires, malgré les tensions créées par la décision de Pékin de construire des îlots artificiels dans des eaux revendiquées par plusieurs pays. Fan Changlong, l'un des vice-présidents de la commission militaire centrale, l'organe de commandement de l'armée dirigé par le président Xi Jinping, s'exprimait lors d'un colloque réunissant notamment des ministres de la Défense de pays d'Asie du Sud-Est. "Nous n'aurons jamais recours à la force de manière inconsidérée, même sur les questions de souveraineté, et nous faisons tout notre possible pour éviter des conflits accidentels", a-t-il dit. Les installations chinoises en mer de Chine méridionale "ne vont pas affecter la liberté de navigation" et les phares dont la construction a été récemment achevée sur deux récifs de l'archipel des Spratleys "ont déjà commencé à fournir des aides à la navigation à tous les pays", a-t-il ajouté. Les Etats-Unis considèrent que le droit international interdit d'avoir des revendications territoriales autour d'îlots artificiels construits sur des récifs précédemment immergés. Le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, a prévenu mardi que l'armée américaine pourrait se rendre par air ou par mer partout où le droit international l'y autorise, y compris en mer de Chine méridionale. ID:nL8N12D525 La Chine dément les accusations selon lesquelles elle militarise cette zone maritime et elle affirme qu'elle ne tolérera aucune violation de ses eaux territoriales au nom de la liberté de navigation. Lors de ce même forum, Gary Roughead, ancien chef des opérations navales américaines, a déclaré que la construction par la Chine de ports et d'aérodromes dans cette zone maritime soulevait des inquiétudes légitimes. "Je n'imagine pas un afflux de touristes réclamant de visiter ces avant-postes isolés", a-t-il dit. Certains observateurs à Washington pensent que les Etats-Unis ont déjà pris la décision de lancer des patrouilles chargées de vérifier la liberté de navigation dans la limite de 12 milles nautiques fixée par la Chine autour des îlots artificiels qu'elle a construits. Présent à ce colloque, le ministre malaisien de la Défense a dit que les Etats-Unis avaient informé son pays de ces projets. Il a exprimé la crainte de voir son pays pris au piège entre les deux superpuissances. "Ma crainte est qu'un incident fortuit, accidentel, involontaire en haute mer, particulièrement entre deux grandes puissances, finisse au bout du compte par affecter de plus petits pays comme la Malaisie", a dit Hishammuddin Hussein à des journalistes. Avec le Vietnam, les Philippines, Taiwan et Brunei, la Malaisie fait partie des pays ayant des revendications territoriales en conflit avec celles de la Chine en mer de Chine méridionale. (Bertrand Boucey pour le service français)

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