La Chine maintient le cap malgré le risque de fuite de capitaux

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    * La Chine confirme sa stratégie d'expansion à 
l'international 
    * Pékin encourage une hausse des investissements à 
l'étranger 
    * La chute du yuan fait craindre une fuite des capitaux 
    * Le yuan se stabilise, il a perdu 6% depuis début 2016 
 
    SHANGHAI, 28 novembre (Reuters) - La Chine a réaffirmé lundi 
sa politique d'ouverture et de développement à l'étranger en 
matière d'investissement, alors même que la chute du yuan, au 
plus bas depuis huit ans et demi, ravive les craintes d'une 
fuite des capitaux. 
    Des responsables de la Commission nationale pour le 
développement et la réforme, du ministère du Commerce, de la 
Banque populaire de Chine et de l'Administration nationale du 
contrôle des changes (SAFE) ont déclaré que Pékin continuerait à 
encourager une saine augmentation des investissements à 
l'étranger, a déclaré l'agence officielle Chine nouvelle. 
    Le Wall Street Journal a rapporté vendredi que la Chine 
comptait durcir ses contrôles sur les sociétés cherchant à 
investir à l'étranger afin de freiner les sorties de capitaux. 
    Alors que Pékin s'emploie activement à endiguer les sorties 
de capitaux, de plus en plus de fonds sortent du pays par des 
canaux non-officiels, les investisseurs cherchant à réduire leur 
exposition à une économie en phase de ralentissement et à une 
devise qui se déprécie, rapportent des dirigeants du secteur 
financier.  
    Le yuan  CNY=CFXS  se stabilisait lundi face au dollar à 
6,9050, après être tombé à 6,9170 vendredi, les traders évoquant 
des ventes de dollars par les banques publiques. La devise 
chinoise accuse un recul de plus de 6% face au billet vert 
depuis le début de l'année, même s'il est resté relativement 
stable face à un panier de devises. 
     
    MENACE POUR LA STABILITÉ FINANCIIÈRE 
    La forte hausse des investissements à l'étranger renforce 
les risques de changes mais représente aussi une menace pour le 
système financier chinois si ces opérations tournent mal, 
estiment les analystes de China International Capital 
Corporation. 
    "L'expérience des marchés émergents a montré de façon 
récurrente que les paris à sens unique, sur une appréciation ou 
une dépréciation, tendent à être suivis de pertes substantielles 
pour les institutions financières locales", disent-ils. 
    "En d'autres termes, des investissements imprudents 
pourraient menacer la stabilité financière", ajoutent-ils. 
    Tout en restant les plus importantes au monde, les réserves 
de changes chinoises sont tombées à leur plus bas niveau depuis 
mars 2011, la banque centrale ayant, de l'avis de nombreux 
intervenants, vendu des dollars pour limiter la baisse du yuan. 
    La pression sur la monnaie chinoise et sur d'autres devises 
des marchés émergents s'est intensifiée ces dernières semaines 
avec l'envolée du dollar depuis la victoire de Donald Trump à 
l'élection présidentielle américaine du 8 novembre. 
    La banque centrale chinoise a appelé les banques 
commerciales de Shanghai à prévenir les sorties de capitaux via 
la zone de libre échange de Shanghai sous couvert 
d'investissements étrangers, ont rapporté vendredi deux sources 
ayant connaissance de cette directive. 
    La Banque populaire de Chine a dit ne pas pouvoir commenter 
des informations concernant des contrôles plus stricts sur les 
investissements à l'étranger. 
    Le groupe de médias Caixin a rapporté samedi que la banque 
centrale envisageait aussi d'inclure les activités 
transfrontalières en yuans dans l'évaluation des risques des 
banques pour les inciter à "faire plus d'affaires entraînant une 
rentrée de yuans et moins d'activités de sorties de yuans". 
    Le vice-gouverneur de la banque centrale Yi Gang a déclaré 
dimanche que le courant de sortie de capitaux constaté depuis la 
dévaluation du yuan en août 2015 devrait commencer à s'inverser. 
    "Au fur et à mesure que l'économie se reprendra et que les 
réformes institutionnelles amélioreront le climat des affaires, 
l'argent qui est parti reviendra", a-t-il dit. 
     
 
 (Engen Tham et Elias Glenn, Juliette Rouillon pour le service 
français, édité par Marc Angrand) 
 
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