La Chine limite l'accès aux "Panama papers"

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    PEKIN, 5 avril (Reuters) - Les autorités chinoises ont jugé 
mardi infondés les soupçons d'évasion fiscale émanant des 
"Panama papers" et limité la diffusion sur internet des 
documents et conclusions de cette enquête menée par une centaine 
de médias internationaux.  
    Plusieurs pays ont annoncé lundi l'ouverture d'enquêtes sur 
des soupçons de fraude après les révélations sur la création au 
Panama par des milliers de personnes, y compris des dirigeants 
politiques et des chefs d'entreprise, de sociétés écrans 
destinées à faciliter l'évasion fiscale ou le blanchiment 
d'argent.   
    Les documents révèlent notamment l'existence de sociétés 
écrans liées aux proches du président chinois Xi Jinping et 
d'autres hauts dirigeants chinois actuels ou anciens, selon le 
Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) 
qui a mené l'enquête. 
    Prié de dire si Pékin comptait enquêter sur ces comptes à 
l'étranger, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères 
Hong Lei a répondu: "Nous ne commenterons pas ces accusations 
sans fondement." 
    Les médias officiels chinois n'ont guère évoqué les "Panama 
papers". Si l'on tape "panama" sur les moteurs de recherche 
chinois, une liste d'articles parus dans la presse chinoise 
apparaît, mais la plupart des liens sont désactivés ou ne 
renvoient qu'aux allégations visant des stars sportives.  
    Le Global Times, quotidien anglophone dirigé par le 
Quotidien du Peuple, organe officiel du Parti communiste, laisse 
entendre dans son éditorial du jour que les médias occidentaux 
ont, avec l'appui de Washington, exploité ces documents du 
cabinet panaméen Mossack Fonseca afin de viser des personnalités 
politiques non-occidentales.  
    "Les médias occidentaux contrôlent l'interprétation à chaque 
fois qu'il y a de telles fuites de documents, et Washington 
exerce une influence particulière à ce sujet." 
    "Les informations qui sont négatives pour les Etats-Unis 
peuvent toujours être minimisées alors que les révélations sur 
des dirigeants non-occidentaux, comme Poutine, sont amplement 
commentées", peut-on lire dans l'éditorial, qui ne fait aucune 
allusion à une éventuelle mise en cause de personnalités 
chinoises. 
 
 (Ben Blanchard; Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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