La Chine, le Tibet et le football

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Quelques jours après la fin de la Coupe du monde féminine de la FIFA, une équipe de joueuses tibétaines a rencontré une équipe de joueuses chinoises au début du mois de juillet. Un nouvel exemple qui tend à prouver qu'au-delà du sport, le football est encore aujourd'hui un formidable outil diplomatique.

Les politologues amoureux du sport se frottent les mains, ils ont encore une belle page à écrire. Après que le ping pong a joué un rôle important, en 1971, dans la normalisation des relations entre la Chine de Mao et les États-Unis de Nixon, après que le football a été le détonateur d'une guerre entre le Honduras et le Salvador et alors même que le sport pose encore de nombreux problèmes entre Cuba et l'Oncle Sam, voilà que le ballon rond s'invite à nouveau à la table de négociations diplomatiques historiques. Une petite table dans une très grande salle dont les portes sont restées fermées pendant bien trop longtemps. Car depuis 1959, aucune rencontre entre sportifs tibétains et sportifs chinois n'avait eu lieu, et si on entendait parler de football entre ces deux entités politiques, c'était simplement pour comprendre que l'une interdisait à l'autre de disposer de sa propre sélection nationale. Certes, aujourd'hui, cette rencontre ne va pas miraculeusement réconcilier ces deux entités. Mais elle a au moins le mérite d'essayer.

Une rencontre historique


Le 5 juillet dernier, une équipe composée de sept joueuses tibétaines rencontrait une équipe chinoise lors du Discover Football Festival, à Berlin. Phuntsok Dolma, Sherab Dolma, Yandan Lhamo, Tenzin Norzom, Tenzin Dasel, Sonam Palyang, et Tenzin Yangzom devenaient alors les premières joueuses du plateau tibétain à disputer une rencontre dans un pays étranger, et quelle rencontre ! Les joueuses avaient été sélectionnées dans un camp de réfugiés, en Inde, par leurs coachs, Gompo Dorjee et Cassie Childers, pour la simple et bonne raison qu'en Chine, elles n'auraient jamais eu le droit de mettre le pied sur un ballon. Alors, quand se sont présentées à elle les joueuses de la Shanghai Sports University, tout laissait penser que les quatorze protagonistes allaient jouer un match dur, un match à l'image des relations entre la Chine et le Tibet. Mais il n'en fut rien. Au contraire, la joie et la bonne humeur émanant de cette rencontre surprit jusqu'à l'entraîneur tibétain lui-même.

"C'était un moment incroyable", expliquait Cassie Childers au journaliste Ivan Broadhead. "Nos joueuses ont couru vers leurs homologues chinoises pour leur dire bonjour. Les Chinoises ont été un peu surprises au début. Elle ne savent pas ce qu'il se passe au Tibet, elles ne comprennent pas pourquoi ces filles-là étaient réfugiées en Inde. Elles…




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