La Chine et le Japon se rapprochent d'un sommet

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par Leika Kihara et Ben Blanchard TOKYO/PEKIN, 7 novembre (Reuters) - Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a annoncé vendredi que les préparatifs d'une rencontre au sommet avec le président chinois Xi Jinping étaient en cours de finalisation sans confirmer pour autant que l'entrevue était fixée. Le chef du gouvernement japonais, revenu au pouvoir en décembre 2012, et le président chinois, dont l'accession à la tête de la Chine a été entérinée en mars 2013, n'ont encore pas eu de véritable échange, hormis une poignée de main en marge du sommet du G20 en septembre 2013 en Russie. Mais la venue d'Abe au sommet du forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) que Pékin organise la semaine prochaine a fourni la possibilité d'une entrevue à la forte portée symbolique. "Le Japon comme la Chine en arrivent à la conclusion qu'il serait bénéfique, non seulement pour ces deux pays mais aussi pour la stabilité régionale, qu'un sommet ait lieu", a dit le Premier ministre japonais à la télévision. L'été dernier, Shinzo Abe avait publiquement émis le souhait que le sommet de l'APEC soit l'occasion d'un sommet sino-japonais. Plusieurs émissaires japonais se sont discrètement rendus à Pékin ces derniers mois, dont l'ancien Premier ministre Yasuo Fukuda qui a fait au moins deux fois le déplacement. "DÉTENTE ENCOURAGEANTE" Dans la matinée, les deux pays avaient annoncé avoir acté leurs divergences territoriales et décidé la mise en oeuvre d'un mécanisme de gestion des crises censé éviter toute escalade. Les deux principales puissances économiques d'Asie "se sont mises d'accord pour reprendre progressivement un dialogue politique, diplomatique et sécuritaire via des canaux multilatéraux et bilatéraux et faire des efforts pour bâtir une confiance politique mutuelle", ajoutent les communiqués diffusés simultanément à Pékin et à Tokyo. Cette annonce a fait suite à une rencontre à Pékin entre le chef de la diplomatie chinoise, le conseiller d'Etat Yang Jiechi, et le conseiller à la sécurité nationale du Japon, Shotaro Yachi. Le litige territorial qui porte sur les îles Diaoyou/Senkaku, un chapelet d'îlots inhabités de mer de Chine orientale, a sérieusement refroidi les relations entre les deux puissances. Le Premier ministre japonais a souligné vendredi que la position de Tokyo sur les îles Senkaku était inchangée. A Pékin, dans le communiqué du ministère des Affaires étrangères, Yang Jiechi a souligné pour sa part que le gouvernement japonais devait gérer avec prudence les questions sensibles comme l'Histoire, dont le passé militariste du Japon, et la souveraineté sur les îles Diaoyou. Dans un commentaire publié sur son site en anglais, l'agence officielle de presse Chine nouvelle note cependant que cette annonce est "une détente encourageante attendue depuis trop longtemps". "Elle fait remonter au-dessus de zéro la température des relations entre les deuxième et troisième économies mondiales. Si elle est correctement mise en oeuvre, ce sera un tournant dans la trajectoire des relations sino-japonais." (Henri-Pierre André pour le service français)

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