La Chine et l'UE proclament leur rejet du protectionnisme

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LA CHINE ET L'UE PROCLAMENT LEUR REJET DU PROTECTIONNISME
LA CHINE ET L'UE PROCLAMENT LEUR REJET DU PROTECTIONNISME

par Sebastian Moffett et Kevin Yao

BRUXELLES (Reuters) - La Chine et l'Union européenne se sont prononcées jeudi contre le protectionnisme et Pékin s'est engagé à continuer à investir dans la dette européenne et à oeuvrer à la réduction des gaz à effets de serre.

Pour ce 15e sommet entre la deuxième puissance économique mondiale et le premier bloc commercial, le Premier ministre chinois, Wen Jiabao s'est attaché à apaiser la tension avec ses partenaires européens, irrités ces derniers temps par certaines pratiques commerciales chinoises.

"Nous poursuivons tous deux des politiques économiques et commerciales libres et ouvertes, rejetons le protectionnisme en matière de commerce et oeuvrons pour faire avancer la mondialisation économique", a déclaré Wen Jiabao devant des responsables du monde des affaires.

La conférence de presse pour les journalistes a été annulée, après un désaccord entre l'UE et la Chine sur les modalités de son déroulement. La Chine voulait la liste des journalistes présents et se réserver le droit d'en refuser certains, a expliqué un responsable européen, ce que l'UE a refusé.

"Ces derniers mois, la Chine a continué à investir dans les obligations de la zone euro et dans les titres émis par le Fonds européen de stabilité financière (FESF)", a souligné le chef du gouvernement chinois.

"L'Europe est pour la Chine l'un des principaux marchés pour l'investissement de ses réserves de change, et la Chine continuera à participer aux efforts pour résoudre la crise de la dette à travers les canaux appropriés", a ajouté Wen Jiabao.

RELANCER LA CROISSANCE

L'Etat chinois, dont un quart des réserves de changes, évaluées au total à 3.240 milliards de dollars (2.500 milliards d'euros), sont constituées d'actifs libellés en euros, est l'un des principaux acquéreurs de la dette européenne.

"L'Europe est sur la bonne voie pour résoudre son problème de la dette, et ce qui est crucial à présent, c'est de mettre pleinement en oeuvre toutes les mesures politiques", a poursuivi le Premier ministre chinois.

Wen Jiabao, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, ont mis l'accent sur l'ampleur et l'interdépendance des relations entre les deux blocs. En huit ans, leurs échanges commerciaux ont doublé.

La délégation du Premier ministre chinois a également eu des entretiens avec le commissaire européen chargé du Commerce, Karel de Gucht.

Wen Jiabao a rappelé en outre les mesures de soutien prises par la Chine pour relancer sa croissance économique. Pékin s'est fixé un objectif de hausse de 7,5% de son produit intérieur brut (PIB) cette année, mais certains économistes estiment que ce chiffre ne pourra être atteint.

Les échanges commerciaux entre la Chine et les Etats de l'Union européenne ont représenté 428 milliards d'euros en 2011. En outre, les sociétés chinoises investissent de plus en plus en Europe.

ASSISTANCE TECHNIQUE

Mais, parallèlement, les différends commerciaux s'accumulent. Les Européens voient d'un mauvais oeil le "capitalisme d'Etat" chinois où certaines entreprises ont un statut privé mais continuent à être suivies de près -et àêtre soutenues le cas échéant- par l'Etat, comme des sociétés publiques.

Pékin a, de son côté, mis en garde Bruxelles au début du mois contre les conséquences pour le secteur des énergies renouvelables de restrictions qui pourraient affecter les exportations de panneaux solaires chinois, après l'ouverture d'une enquête de la Commission européenne pour "dumping".

Cette enquête fait suite à la plainte d'un groupe d'entreprises européennes du secteur solaire, mené par l'allemand SolarWorld, qui accuse ses rivales chinoises de vendre des panneaux solaires en-dessous du prix du marché en Europe.

La Chine a vendu aux pays de l'UE pour 20 milliards d'euros de panneaux solaires en 2011.

Les questions environnementales sont un fréquent sujet de discorde entre la Chine et l'UE. Pékin a notamment refusé de se conformer à une réglementation européenne qui exige que les compagnies aériennes utilisant des aéroports de l'UE payent une compensation pour leurs émissions de CO2, dans le cadre du Système communautaire d'échange de quotas d'émission (SCEQE).

L'accord signé jeudi prévoit le développement de mécanismes d'échange de quotas en Chine, à travers trois programmes de réduction d'émissions de CO2, que l'UE aidera à hauteur de 25 millions d'euros sur une période de quatre ans, tout en apportant une assistance technique.

Avec Ben Deighton; Julien Dury, Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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  • lelis le jeudi 20 sept 2012 à 20:00

    Franchement, là, ils me dégoûtent tous !

  • hriey le jeudi 20 sept 2012 à 19:53

    Comme toujours, les "idiots du village" comme nous a qualifiés Hubert Védrine croient ce que disent les chinois !!!

  • laquitta le jeudi 20 sept 2012 à 19:39

    ben voyons, ça va etre encore à sens unique et nous allons encore nous faire avoir !