La Chine discute d'une grosse commande d'Airbus

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LA CHINE DISCUTE DE L'ACHAT D'AU MOINS 150 AIRBUS
LA CHINE DISCUTE DE L'ACHAT D'AU MOINS 150 AIRBUS

par Tim Hepher

(Reuters) - La Chine discute de la commande d'au moins 150 Airbus, pour un montant qui pourrait dépasser 20 milliards de dollars (14 milliards d'euros), lors de la première visite officielle en Europe du président Xi Jinping, la semaine prochaine, a-t-on appris de sources proches du dossier.

Ces discussions s'inscrivent dans le cadre d'un accord plus large susceptible de relancer les relations commerciales entre la Chine et l'Europe après une année difficile.

La commande porterait sur des monocouloirs A320 et des long-courriers A330 et A350 selon les sources, qui ont demandé à ne pas être identifiées. Les négociations se poursuivent et le volume de la commande pourrait encore évoluer, ont-elles souligné.

Fabrice Brégier, président exécutif d'Airbus, n'a pas souhaité faire de commentaire à ce sujet mercredi à Paris lors de la cérémonie de signature d'une commande de 135 appareils A320 pour la compagnie européenne à bas coûts easyJet, annoncée en juin dernier.

Les trois principales compagnies chinoises - Air China, China Eastern et China Southern - n'ont pas non plus souhaité s'exprimer.

La Chine représente 20% des livraisons d'avions d'Airbus.

Les discussions avec Pékin pourraient aussi permettre de débloquer l'acquisition de 27 Airbus A330, gelée par la Chine en raison d'une récente querelle avec l'Union européenne sur les quotas d'émission de carbone (ETS), destinés à protéger l'environnement.

"J'ai bon espoir", a dit Fabrice Brégier, tout en se refusant à préciser si un éventuel déblocage pourrait être annoncé lors de la visite du président chinois à Paris le 26 mars. "L?Europe a pris les bonnes décisions récemment concernant les ETS."

"DÉTENTE" AVEC PÉKIN

Fabrice Brégier a ainsi noté une "détente" avec Pékin, un climat favorable à la vente d'A380 en Chine. Un marché crucial pour Airbus, qui estime à plus de 100 appareils le besoin du pays en gros porteurs d'ici 20 ans. "Une bonne partie d?entre eux seront des A380", a déclaré Fabrice Brégier à Reuters. "Je pense qu?on progresse."

Seule China Southern a acheté des A380 pour le moment.

Interrogé sur d'éventuels freins liés aux infrastructures aéroportuaires chinoises, parfois encore peu adaptées à l'A380, Fabrice Brégier a répondu par la négative. "Si ce n?est que les exploiter de Canton est un tout petit peu moins simple que de Pékin", a-t-il observé. Xi Jinping doit participer le 24 mars à un sommet sur la sécurité nucléaire à La Haye. Pour sa première tournée officielle en Europe, il se rendra dans quatre pays, dont la France et l'Allemagne, et d'autres contrats industriels devraient être signés à cette occasion.

Les discussions avec la Chine portent également sur la possibilité qu'Airbus ouvre une deuxième usine en Chine, dédiée à l'aménagement des cabines des A330, cinq ans après l'ouverture de la première usine d'assemblage de l'avionneur hors d'Europe, à Tianjin, où sont assemblés quatre A320 par mois sur un total mondial de 42.

Fabrice Brégier a simplement indiqué que les discussions avançaient bien sur la prolongation de la production d'A320 à Tianjin au-delà de 2016.

Marwan Lahoud, responsable de la stratégie d'Airbus Group, la maison mère d'Airbus, avait indiqué fin février que les discussions portaient sur une augmentation des cadences à six unités par mois. Airbus avait alors annoncé son intention de passer à un total de 46 avions A320 produits par mois en 2016, grâce à l'apport de la future usine américaine de Mobile, dans l'Alabama.

Pékin a dans le passé eu tendance à équilibrer ses achats d'avions entre les deux grands constructeurs mondiaux, Airbus et Boeing, notamment pour ce qui est des monocouloirs comme l'A320 et le Boeing 737, les plus utilisés pour les dessertes intérieures.

Plus récemment, la Chine a donné l'impression de vouloir déconnecter les dossiers industriels des relations diplomatiques, un nombre croissant de commandes étant annoncées indépendamment des rencontres officielles entre dirigeants.

"Ce n'est pas une visite présidentielle qui fait que d'un coup on a des coopérations et des commandes", a dit Fabrice Brégier. "On a une stratégie en Chine qui est de développer des partenariats industriels et d?accroître notre part de marché."

(Avec Cyril Altmeyer et Elizabeth Pineau à Paris, Fang Yan et Ben Blanchard à Pékin, Jean-Stéphane Brosse et Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez)

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  • pierry5 le mercredi 19 mar 2014 à 13:10

    Pourquoi on va pas les emm.. comme le russes, ils ont annexé le Tibet, c'est une dictature. Helas, une bonne centaine d'avions vaut bien que l'on ferme les yeux. Nul n'est plus aveugle que celui qui ne veut point voir.