La Chine déterminée à contenir l'endettement des entreprises

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    par Kevin Yao et Elias Glenn 
    PEKIN, 10 janvier (Reuters) - La Chine a fait part mardi de 
sa détermination à contenir le niveau d'endettement élevé des 
entreprises du pays, tout en réduisant encore davantage les 
capacités de production excédentaires dans le charbon et 
l'acier, Pékin voulant ainsi parvenir à une croissance 
économique plus équilibrée et éviter des bulles spéculatives 
d'actifs. 
    La deuxième puissance économique mondiale a 
vraisemblablement connu une croissance de 6,7% l'an dernier - ce 
qui correspond au milieu de la fourchette des prévisions du 
gouvernement - mais elle est confrontée à des incertitudes 
croissantes en 2017, a estimé le directeur général de l'agence 
de planification du pays. 
    Les investisseurs se demandent si les dirigeants chinois 
sont prêts à accepter pour cette année une hausse plus modérée 
du produit intérieur brut (PIB), dans un contexte d'inquiétudes 
croissantes au vu des risques inhérents liés à des années de 
mesures de soutien à la croissance financées par le recours à la 
dette. 
    En octobre dernier, le Fonds monétaire international (FMI) 
avait estimé que la croissance du crédit en Chine avait été 
"très rapide" par rapport aux standards internationaux, ajoutant 
qu'il existait un risque de crise bancaire ou de ralentissement 
de la croissance ou les deux sans une stratégie d'ensemble pour 
régler le problème d'un endettement excessif. 
    "Même si l'économie nationale est stable et en voie 
d'amélioration, elle est toujours confrontée à des 
contradictions et à des problèmes", a reconnu Xu Shaoshi, 
responsable en chef de la Commission nationale du développement 
et de la réforme (CNDR). 
    La Chine, a-t-il dit, n'autorisera pas la dette des 
entreprises non-financières à grossir davantage et les efforts 
visant à encourager les sociétés à restructurer leur dette 
seront démultipliés. La dette des entreprises s'élève 
aujourd'hui à 169% du PIB. 
    La Chine connaîtra une croissance économique de l'ordre de 
6,5% cette année, a estimé le mois dernier l'Académie chinoise 
des sciences sociales, un groupe de réflexion gouvernemental. 
  
    Un tel ralentissement de la croissance devrait en principe 
donner plus de marges de manoeuvre au gouvernement pour 
s'attaquer à l'endettement du pays et pour freiner la 
spéculation constatée l'an dernier sur les marchés immobilier, 
minier et obligataire. 
     
    ENVOLÉE DES PRIX PRODUCTEURS 
    Après un début 2016 difficile, l'économie chinoise s'est 
comportée l'an dernier mieux que ce que nombre d'économistes 
avaient prévu, grâce notamment à un boom de la construction 
alimenté par des dépenses d'infrastructures du gouvernement plus 
élevées, la bonne tenue du marché immobilier et le niveau record 
des crédits accordés par les banques publiques. 
    Les prix à la production en particulier ont connu un 
retournement à la hausse spectaculaire, sortant en septembre de 
près de cinq années de déflation. 
    Cela a permis au secteur manufacturier, longtemps déprimé, 
de trouver un équilibre plus stable, avec notamment des 
bénéfices en hausse qui permettent aux usines de générer plus de 
trésorerie et donc de faire diminuer leur endettement. 
    En décembre, les prix à la production ont augmenté de 5,5% 
sur un an, leur rythme le plus élevé en plus de cinq ans, portés 
par le prix du charbon et celui des matériaux de construction. 
  
    Des capacités de production réduites, combinées à un rebond 
de la demande, ont alimenté cette envolée des prix. 
    Mais certains analystes pensent que la vive hausse des prix 
producteurs a été surtout été le fait d'une spéculation 
croissante sur le marché des futures sur matières premières, ce 
qui vient renforcer le risque de la multiplication de bulles 
spéculatives dans l'économie chinoise. 
    Pour la première fois en cinq ans, HSBC a relevé la semaine 
dernière ses projections en matière de croissance mondiale et 
d'inflation pour les deux prochaines années, citant une activité 
manufacturière solide, une activité chinoise qui tient le choc 
et, surtout, les mesures de relance attendues aux Etats-Unis. 
  
    A moins de deux semaines de son investiture, nombre 
d'investisseurs font le pari que les mesures promises par la 
président américain élu Donald Trump - faites d'allègements 
d'impôts, de dérégulation et de relance économique - vont doper 
la croissance américaine, ce qui entraînera une accélération de 
la hausse des taux d'intérêt aux Etats-Unis. 
    Un renchérissement du loyer de l'argent est susceptible 
d'exacerber le risque de défaut même si la hausse des prix à la 
production constatée depuis quatre mois en Chine ne s'est pas 
encore répercutée sur les prix à la consommation, ce qui suggère 
que la banque centrale chinoise ne sera obligée de durcir à 
court terme sa politique monétaire. 
 
 (Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par 
Véronique Tison) 
 
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