La chasse aux signatures sur le point de fermer

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LA CHASSE AUX PARRAINAGES BIENTÔT TERMINÉE
LA CHASSE AUX PARRAINAGES BIENTÔT TERMINÉE

PARIS (Reuters) - A trois jours de la date limite pour le dépôt des 500 parrainages d'élus nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle en France, la situation s'éclaircit quelque peu, même si plusieurs "petits" candidats restent dans le flou.

Les prétendants, dont les plus modestes souffrent d'un climat guère favorable marqué par une "bipolarisation" de la campagne, ont jusqu'à vendredi, 18h00, pour déposer leurs parrainages devant le Conseil constitutionnel.

Nicolas Sarkozy et François Hollande n'ont aucun souci à se faire, pas plus que François Bayrou, Eva Joly ou Jean-Luc Mélenchon.

Marine Le Pen, qui avait dénoncé des pressions sur les élus et tenté en vain d'obtenir l'anonymat pour les parrains, a mis fin dans la nuit de lundi à mardi à un suspense qu'elle avait elle-même entretenu.

"J'ai mes 500 parrainages, je serai donc candidate à l'élection présidentielle", a dit à Reuters la présidente du Front national.

Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) et le candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) Philippe Poutou ont fait savoir eux aussi qu'ils seraient dans la course.

Quant au souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, son équipe de campagne a indiqué que le député de l'Essonne déposerait mercredi ses 500 signatures au Conseil constitutionnel.

La chasse aux signatures est également terminée pour Jacques Cheminade, le pourfendeur de l'oligarchie financière qui avait réalisé le plus petit score de la présidentielle de 1995 avec 0,28% des voix.

"Je me sens dans l'esprit de juin 1940 et de ceux qui sont partis a Londres", a déclaré ce dernier après avoir déposé fièrement 538 parrainages.

La lutte continue en revanche pour l'écologiste Corinne Lepage, qui est allée jusqu'à rendre public son numéro de téléphone portable pour attirer les maires, comme pour Dominique de Villepin, qui a dit mardi avoir passé la barre des 460 signatures.

GRÈVE DE LA FAIM

Patrick Lozès, qui se présente comme le candidat de la diversité, a dit qu'il espérait encore pouvoir se présenter et ferait savoir jeudi s'il était en mesure de le faire.

"Les petits candidats ne sont pas si petits que ça puisqu'ils font peur au point qu'il y a une pression tout à fait inacceptable qui est exercée par les partis politiques installés pour qu'ils n'aient pas leurs candidatures", a dit à Reuters l'ancien président du Conseil représentatif des associations noires.

L'espoir fait également vivre Nicolas Miguet, qui plaide la cause des contribuables et a fait savoir qu'il lui manquait 43 "formulaires de présentation".

La grogne des "petits" candidats dans un contexte de crise favorisant le "vote utile" est illustrée de manière spectaculaire par l'écologiste Jean-Marc Governatori, qui a engagé une grève de la faim et dont le compteur totalisait mardi 428 signatures.

"J'ai fait un petit malaise ce matin, je suis très fatigué, c'est difficile", a-t-il dit à Reuters.

D'autres, comme le centriste Hervé Morin ou la présidente du Parti chrétien-démocrate, Christine Boutin, désormais ralliés tous deux à Nicolas Sarkozy, ont déjà jeté l'éponge, de même que l'ancien ministre socialiste Jean-Pierre Chevènement.

Les "petits" candidats, qui n'ont jamais eu l'espoir de gagner mais à qui l'on prêtait naguère le pouvoir de faire perdre, ne font plus vraiment recette.

Le tableau a bien changé depuis 2002, quand les candidats de gauche marginaux avaient réalisé des scores conséquents - 21,14% des voix au total, sans compter les 5,25% du candidat écologiste -, ce qui avait entraîné l'élimination au premier du tour du socialiste Lionel Jospin.

Les ténors des grands partis n'ont cessé depuis de brandir le spectre d'un nouveau "21 avril", jour du premier tour de 2002 qui avait accouché d'un duel entre Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen, remporté par le premier avec 82,21% des suffrages.

Le Conseil constitutionnel présentera lundi prochain la liste officielle des candidats à la présidentielle, dont les deux tours de scrutin auront lieu le 22 avril et le 6 mai. Elle ne devrait comporter qu'une dizaine de noms.

Patrick Vignal, avec Marine Pennetier, édité par Gilles Trequesser

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