La chaîne de supermarchés Target se retire du marché canadien

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TARGET SE RETIRE DU MARCHÉ CANADIEN
TARGET SE RETIRE DU MARCHÉ CANADIEN

TORONTO (Reuters) - Target a annoncé jeudi, à la surprise générale, son retrait du marché canadien moins de deux ans après y être entré, ce qui va mettre plus de 17.000 employés au chômage et coûtera des milliards de dollars en dépréciations au groupe américain de la grande distribution.

L'action Target, qui a pris 3% à la suite de cette annonce, gagnait 2,95% vers 17h25 à la Bourse de New York, où les principaux indices étaient en baisse.

Le groupe américain va demander à la justice canadienne de placer sa filiale au Canada, qui perd de l'argent, à l'abri de ses créanciers. Il va fermer l'intégralité de ses 133 magasins dans ce pays.

Target prévoit des pertes d'environ 5,4 milliards de dollars (4,64 milliards d'euros) avant impôts pour le quatrième trimestre s'achevant fin janvier, imputables essentiellement à une dépréciation de ses investissements au Canada conjuguée aux coûts induits par son retrait et à des pertes d'exploitation.

Le troisième distributeur américain fait face à d'énormes problèmes sur sa chaîne d'approvisionnement au Canada depuis son arrivée en 2013 dans ce pays, ce qui complique la constitution de stocks dans les magasins et a suscité la déception chez les clients potentiels.

Le marché discount au Canada est dominé depuis longtemps par le distributeur américain Wal-Mart.

Target avait annoncé en novembre qu'il réexaminerait ses activités au Canada après la période de fêtes de fin d'année.

"L'analyse a été rigoureuse. Malheureusement, nous n'avons pas pu trouver un scénario réaliste qui aurait permis à Target Canada d'être rentable au moins à partir de 2021", a déclaré le directeur général du groupe, Brian Cornell.

"Les pertes étaient juste trop importantes", a-t-il ajouté.

La plupart des analystes ne s'attendaient cependant pas à un retrait complet du groupe mais à la fermeture de quelques magasins.

L'échec de l'expansion au Canada est de mauvaise augure pour les perspectives de croissance à long terme de Target car cela montre que le groupe ne peut pas réussir dans un pays voisin partageant la même langue, juge Jim Danahy, directeur du Centre for Retail Leadership à la Schulich School of Business de Toronto.

Target a reconnu être allé trop vite au Canada, son échec ayant entraîné le départ de cadres dirigeants aussi bien au Canada qu'aux Etats-Unis.

(Solarina Ho, Susan Taylor, Euan Rocha et Allison Martell; Claude Chendjou pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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